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Crédit immobilier : plus de questionnaire de santé pour les clients fidèles du Crédit mutuel

L’accès au crédit immobilier sera facilité pour les clients fidèles du Crédit mutuel. Le groupe mutualiste supprime le questionnaire médical à partir du 9 novembre.

Une enseigne du Crédit Mutuel, à Nantes. Crédit : SIPA.

C’est une première dans le monde bancaire. Le groupe Crédit mutuel annonce qu’il n’y aura plus de questionnaire de santé, à partir du mardi 9 novembre, pour les clients fidèles lors de la souscription d’un crédit immobilier. « C’est une vieille idée que j’avais », a précisé au Monde Nicolas Théry, président du Crédit mutuel. Les banques et les assureurs soumettent habituellement ce questionnaire aux emprunteurs, ce qui exclut souvent les malades du cancer ou encore les personnes atteintes d’une maladie chronique. Ces personnes sont ensuite obligées de souscrire à une assurance emprunteur à un prix exorbitant.

Dans le passé, Nicolas Théry a créé la convention Aeras, Assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé, qui facilite l’accès au crédit aux emprunteurs malades. « C’était une belle initiative, qui fonctionne, mais avec des surprimes et pas pour toutes les pathologies. Nous devons franchir aujourd’hui un pas supplémentaire ; passer d’une logique d’assurance, où chaque risque est tarifé, à une approche collective », poursuit le président du groupe. En revanche, le dispositif ne concerne que l’achat d’une résidence principale et les clients qui possèdent leurs comptes principaux depuis au moins sept ans au Crédit mutuel et au CIC. Seuls les fidèles n’auront ni à répondre à des questions sur leur santé, ni à effectuer d’examens médicaux.

Montant plafonné

Autres conditions, l’âge de l’emprunteur doit être de 62 ans maximum lors de la souscription du crédit immobilier et le montant est plafonné à 500.000 euros par emprunteur. A partir du 1er décembre 2021, les clients qui ont déjà contracté un crédit auprès du groupe mutualiste et qui paient une assurance emprunteur, en cas de surprime ou d’une exclusion de garantie, verront toutes ces conditions supprimées. « Il n’y a pas de loup. L’objectif, c’est d’éviter la double peine, la maladie et l’exclusion de l’accès à la propriété », résume Nicolas Théry à nos confrères.

Cette suppression du questionnaire de santé concernerait la moitié des prêts — sur 300.000 — réalisés pour l’achat de la résidence principale. « Nos comptables ont fait le calcul : nous allons perdre une trentaine de millions d’euros en annulant les surprimes médicales que nous encaissions jusqu’à présent. Par ailleurs, nous estimons que la fin du questionnaire de santé nous coûtera jusqu’à une quarantaine de millions par an », précise encore le président du Crédit mutuel, qui appelle les autres assureurs « à faire pareil ».

Résiliation à tout moment de l’assurance

L’objectif est, aussi, d’attirer de nouveaux clients. « Je sais que cela peut coûter à la banque, sur la durée de vie d’un portefeuille immobilier d’une vingtaine d’années, jusqu’à 1,4 milliard d’euros. Mais l’avenir est ouvert : les maladies peuvent être mieux soignées, les clients peuvent venir plus nombreux, y compris des clients en bonne santé », explique Nicolas Théry. Il assure que les tarifs n’augmenteront pas pour les autres clients.

Toutefois, une proposition de loi inquiète le banquier. Elle doit permettre la résiliation sans frais et à tout moment de l’assurance des prêts immobiliers, et elle sera bientôt examinée à l’Assemblée nationale, précise le Monde. « Si tout le monde peut résilier à tout moment son assurance emprunteur, nos concurrents, dits alternatifs, viendront chercher tous les bons risques chez nous. Nous risquons alors d’avoir des portefeuilles complètement déséquilibrés et donc un vrai problème commercial », note Nicolas Théry. Pour lui, cette proposition de loi favoriserait les jeunes, et ferait payer les « quinquas » plus cher.