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Crédit immobilier : les emprunteurs sont plus âgés qu’auparavant

Si les Français sont encore nombreux à contracter un crédit immobilier, ils sont plus âgés qu’auparavant. Les conditions d’octroi d’un emprunt expliquent en grande partie cette évolution.

Crédit immobilier
Crédit : iStock

En 2021, les Français ont emprunté plus qu’à l’accoutumée. Les banques ont prêté entre 230 et 240 milliards d’euros à des particuliers dans le but de financer un crédit immobilier, relate Le Figaro. Pourtant, les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), émises en janvier 2021 et obligatoires depuis cette année, ont eu des effets sur les prêts accordés. Les emprunteurs sont plus âgés qu’auparavant. 25% des emprunteurs ont entre 30 et 34 ans en 2021 contre 32% en 2020, chiffre Artémis courtage. L’âge moyen de la clientèle du courtier est de 33 ans, tous projets d’emprunt confondus. Et ce quelle que soit la durée durée du prêt.

Interrogé par le quotidien, Ludovic Huzieux, co-fondateur d’Artémis courtage estime que le fait de ne plus pouvoir emprunter sur plus de 25 ans et de ne plus pouvoir dépasser un taux d’endettement de 35% des revenus nets, « donne une prime à l‘emprunt aux emprunteurs qui ont déjà une carrière bien installée avec des salaires plus confortables ». Selon lui, les préconisations du HCSF sont également responsables d’un très léger recul du nombre de primo-accédants. Alors que 44% des emprunteurs achetaient un bien immobilier pour la première fois en 2020, ils n’étaient plus que 40 en 2021. Mais comme en 2020, les deux tiers des acheteurs ont franchi le pas à deux.

Les investisseurs locatifs pas épargnés

Les nouvelles règles touchent aussi les investisseurs locatifs. « Sur les douze années d’existence d’Artémis courtage, le nombre d’investisseurs locatifs était toujours entre 17 et 22% du nombre total d’emprunteurs », précise Ludovic Huzieux. Mais en 2021, il a chuté à 11,15%. Du côté de Masteos, une start-up spécialisée dans le conseil en investissement locatif, on observe aussi un changement, mais celui-ci est plus nuancé. « Cette norme n’affecte que les très gros multi-investisseurs, soit une infime partie des investisseurs, qui ne peuvent plus faire autant d’investissements qu’avant », indique Thierry Vignal, son président, au Figaro. Pour les autres souscripteurs d’un crédit immobilier, il estime que « les contraintes sont légères, avec une durée de crédit à 25 ans, ce qui est long, et une capacité d’emprunt qui est passée de 33 à 35% ».

Les professionnels mettent également un autre effet : l’allongement des durées d’emprunt. En moyenne, la durée est désormais plus longue de quatre mois. Jusqu’à 2021, elle n’avait jamais été aussi longue avec une durée moyenne de 240 mois, soit 20 ans, selon les chiffres de l’Observatoire crédit logement. Dans le cas de primo-accédants, cette moyenne a progressé de six mois, pour atteindre 23 ans et 1 mois. Malgré un durcissement des conditions d’emprunt, les demandes de simulation de crédits immobiliers sont en hausse et les projets concernant des maisons plus nombreux.