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Crédit immobilier : des « taux canons » pour démarrer l’année

En janvier, les banques continuent de dérouler le tapis rouge aux emprunteurs. Les meilleurs profils se voient proposer des taux inférieurs à 1 %, quelle que soit la durée.

Crédit: iStock.

Des taux globalement stables par rapport à décembre 2021, et même en légère baisse dans certains établissements ! En ce début d’année 2022, la météo du crédit à l’habitat est resplendissante. « L’heure n’est pas encore à la remontée des taux ni au resserrement drastique des critères, se réjouit Cécile Roquelaure, directrice des études du courtier Empruntis. Les banques souhaitent attirer les emprunteurs grâce à des barèmes très favorables et atteindre les objectifs ambitieux fixés pour cette année. »

Des ajustements à la marge, sur fond de contraintes HCSF

En pratique, cela se traduit par un taux moyen constaté chez les courtiers de notre panel (voir tableau ci-dessous) de 1,04% sur 20 ans et de 1,25 % sur 25 ans. Soit des taux records. « Peu de banques ont envoyé un nouveau barème, la plupart attendant fin janvier ou début février pour les faire évoluer en fonction de leur politique commerciale définie sur l’année », précise toutefois Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer. Rappelons au passage que la stratégie des banques est contrainte par les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), devenues depuis le 1er janvier une norme juridique. 

« Parmi les barèmes reçus, la plupart sont plutôt orientés à la baisse, de 0,05 à 0,15 point, selon les banques, indique Sandrine Allonier. Ces baisses concernent surtout des établissements qui avaient remonté leurs taux en fin d’année. Seule une banque a pour l’instant remonté ses taux, de 0,06 point. Les autres barèmes sont pour l’instant stables, les banques préférant appliquer des décotes de taux au cas par cas. »

Les meilleurs profils bichonnés par les banques

Plus que jamais, les banques déploient les grands moyens pour séduire les meilleurs clients. En particulier ceux qui cherchent à acquérir leur résidence principale, alors que le traitement des investisseurs ou des acheteurs de résidences secondaires sont moins favorables.

Ainsi, un emprunteur présentant des revenus élevés ou susceptibles de s’améliorer dans le temps, disposant un apport personnel conséquent (au moins 10 %, avec une épargne résiduelle) et dans les clous des règles HCSF (taux d’endettement inférieur à 35% et durée maximale de 25 ans pour un achat dans l’ancien et 27 ans dans le neuf) cochera toutes les bonnes cases. Il bénéficiera de décotes de 40 à 50 points de base en moyenne. Et même davantage (jusqu’à 80 points de base). Chez certains courtiers, les bons profils se voient proposer des taux nominaux planchers de 0,55 % sur 15 ans, de 0,70 % sur 20 ans et de 0,90 % sur 25 ans.


Ces taux planchers contribue à solvabiliser les acquéreurs, en dépit de la flambée des prix de l’immobilier. Concrètement, un jeune couple aux revenus cumulés de 6 000 euros pourra théoriquement emprunter quelque 523 000 euros sur 25 ans, sur la base d’un taux nominal de 0,90 % et un taux d’assurance de 0,35 %. De quoi lui laisser une grande latitude dans le choix du bien, excepté peut-être à Paris et dans les marchés les plus tendus.

Les taux moyens constatés par les courtiers en crédit :

DuréeEmpruntisVousfinancerCafpiEmprunt DirectMeilleurtauxMoyenne
15 ans0,85%1,00%0,85%0,84%0,91%0,89%
20 ans1,00%1,15%1,00%1,01%1,04%1,04%
25 ans1,15%1,40%1,21%1,26%1,23%1,25%