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Immobilier : malgré les taux bas, il faut plus de temps pour rembourser son crédit qu’autrefois

La hausse des prix de l’immobilier est telle, depuis vingt ans, qu’en dépit des taux historiquement bas il faut plus de temps pour rembourser son prêt qu’autrefois.

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Crédit : iStock.

Plus 111%. Les prix de l’immobilier ont bondi en France depuis 2002. Si bien qu’aujourd’hui, à salaire comparable, il faut davantage de temps pour rembourser un crédit et ce même si les taux sont historiquement bas. Reprenant des chiffres de Meilleurs Agents, BFM TV, précise qu’à Bordeaux, par exemple, le prix du mètre carré pour un appartement a progressé de 323,1% entre 2002 et fin 2021. Sur la même période, il a augmenté de 294,7% à Villeurbanne, de 143,7% à Caen, de 65,7% à Metz et d’à peine 16,6% à Mulhouse.

Parallèlement, les taux des crédits immobiliers ont chuté. Alors qu’ils étaient en moyenne de 5,12% en 2002, ils avoisinaient 1,06% à la fin 2021. Mais pas de quoi préserver le pouvoir d’achat des Français. Ainsi, un couple de salariés au smic et sans apport personnel pour acheter un bien immobilier devait emprunter 38.400 euros (hors frais annexes) en moyenne pour acquérir un appartement de 60 mètres carrés à Saint-Etienne, en 2002. Avec un taux maximal d’endettement à 33%, il pouvait rembourser son crédit en 6,4 ans. Désormais, les prix de l’immobilier stéphanois sont 90% plus chers. Pour acquérir un appartement de 60 mètres carrés, il faut maintenant débourser quelque 72.900 euros. Un montant que le couple peut espérer rembourser en 7,6 ans.

Les foyers aux revenus modestes pénalisés

A Montpellier, le même couple mettra 22 ans à rembourser son crédit pour un appartement de 60 mètres carrés. Pour cette surface, le prix moyen est de 195.000 euros, contre 62.580 euros, il y a 20 ans. 12 ans lui auraient alors suffi à rembourser son prêt immobilier. L’allongement des durées de prêts vaut dans de nombreuses communes, comme Angers, Bourges, etc. A Lyon, comme à Paris ou Nice, l’explosion des prix de l’immobilier pénalise les foyers aux revenus modestes.

Ces foyers ont de plus en plus de mal à devenir propriétaires, rapporte BFM TV. Si bien que les centres-villes se gentrifient peu à peu et s’uniformisent. Un couple primo-accédant diplômé d’une école d’ingénieurs pour l’un, et d’une école de commerce pour l’autre, endetté à hauteur maximale de 33%, peut consacrer 1.532 euros par mois au remboursement de son crédit immobilier, contre 1.427 euros il y a 20 ans.

3,5 fois plus de temps à Lyon et 10 fois plus à Nice

Des montants basés sur les salaires moyens publiés dans l’enquête de la Conférence des grandes écoles. Impossible donc, pour le couple, d’acheter un 60 m2 à Paris. Le prix moyen étant de 612.180 euros, il lui faudrait 41 ans pour rembourser son crédit, alors que le Haut Conseil de stabilité financière a limité la durée maximale d’un prêt à 25 ans, contre 17,3 ans en 2002 (prix moyen de 196.260 euros) malgré un taux cinq fois plus élevé. A Lyon, la durée de remboursement du crédit d’un couple sorti de grandes écoles demande 3,5 fois plus de temps qu’en 2002 et à Nice 10 fois plus.