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Crédit immobilier :  ça chauffe sur les taux !

En mars, la remontée des taux des prêts immobiliers se confirme, même pour les meilleurs profils…

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Mauvaise nouvelle pour les emprunteurs. La hausse des taux débutée en février sur le marché du crédit immobilier s’est poursuivie récemment. Pis encore, elle s’est accélérée. Ainsi, selon Artémis et Empruntis, deux des principaux courtiers en crédit, les banques ont remonté leurs barèmes pour le mois de mars de 15 à 30 points de base, selon les durées et les profils. En conséquence, le taux moyen pour un prêt sur 20 ans s’établit dorénavant à 1,30% en mars contre 1,10 % le mois dernier, selon Empruntis. Et le taux proposé aux meilleurs clients pour cette même durée atteint désormais 0,90% contre 0,65% en février. Seules quelques banques ont opté pour le statu quo, en se donnant quelques jours pour prendre une décision qui devrait confirmer la hausse, selon ce courtier.

L’inflation, principal catalyseur de la hausse des taux

On ne s’en étonnera pas, la hausse des taux trouve son origine dans les turbulences observées sur les marchés obligataires, elles-mêmes conditionnées par la séquence inflationniste qui secoue l’économie, en raison notamment de l’envolée des prix des matières premières et de l’énergie. « La forte hausse, appliquée par la majorité des banques, s’explique par la remontée de l’inflation et des taux d’emprunt d’état, confirme Ludovic Huzieux, co-fondateur d’Artémis Courtage. Elle concerne les acquéreurs de résidences principales et secondaires mais aussi de biens locatifs. Pour décrocher un prêt, certains emprunteurs doivent donc revoir leur capacité d’emprunt ou augmenter leur apport financier en puisant davantage dans leur épargne ou en faisant appel à l’aide familiale si cela est envisageable. »

Le reste à vivre des emprunteurs sous pression

Faut-il s’alarmer de cette hausse de taux et des conséquences de l’inflation, accentuée par la crise en Ukraine ? Les avis recueillis laissent transparaître une certaine inquiétude. Pour Cécile Roquelaure, directrice des études d’Empruntis, « ces augmentations se répercutent sur le taux d’endettement et viennent rogner la capacité d’emprunt des ménages de façon minime, pour l’instant ». Pour autant, cette professionnelle pense que les établissements de crédit pourraient se montrer tatillonne sur un facteur : le reste à vivre, c’est-à-dire le budget qui reste à un ménage pour vivre après le paiement des crédits et loyers. « Les banques pourraient, par prudence, décider d’augmenter les montants de reste à vivre (exigés, ndlr) », redoute-t-elle.

Attention au taux d’usure

Autre point de vigilance, la convergence en cette fin de premier trimestre entre les taux d’usure (ces seuils au-delà desquels les banques n’ont pas le droit de prêter) – il atteint par exemple 2,41% pour les prêts de 20 ans et plus et les taux des crédits – et les taux des prêts proposés, assurance comprise. « Cette problématique pourrait bien freiner un nombre conséquent d’emprunteurs », estime Pierre Chapon, président du courtier en crédit en ligne Pretto. L’effet ciseau pénaliserait les plus fragiles et les acheteurs au-delà de 45 ans. »