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Guerre en Ukraine : quels seront les effets sur l’immobilier ?

La guerre en Ukraine pourrait avoir des conséquences indirectes pour les emprunteurs, via la hausse du coût des matières premières.

immobilier

Les taux de crédit immobilier ont poursuivi leur remontée en mars, mais le conflit en Ukraine n’y est pour rien. En dépit de cette situation extrêmement tendue, la production de crédit n’a pas fléchi. Pour le moment. Mais la guerre pourrait avoir « des conséquences indirectes pour les emprunteurs, via la hausse du coût des matières premières et de l’énergie notamment », avertit le courtier en crédit Vousfinancer.

Le mouvement est déjà clairement haussier depuis le début de l’année. Les taux moyens proposés sont en hausse, et largement au-dessus de 1% sur 20 ans. Chez le courtier, compter 1,2 % sur 15 ans, 1,35 % sur 20 ans et 1,55 % sur 25 ans. « Alors qu’il était encore possible d’emprunter à moins de 1 % sur 20 ans en janvier 2022, désormais c’est quasiment mission impossible, sauf très rares exceptions », analyse Sandrine Allonier directrice des études de Vousfinancer.

Ukraine, taux d’emprunt d’État et prix de l’énergie

La guerre en Ukraine pourrait-elle influer négativement sur le marché ? Il convient de regarder l’évolution de l’OAT 10 ans, le taux d’emprunt d’État, déjà orienté à la hausse. Celui-ci pourrait ainsi « continuer à augmenter significativement en cas de conséquences économiques pour la France ou d’une implication dans le conflit qui pourrait accroitre le risque pour les investisseurs et faire augmenter le taux des obligations d’Etat », poursuit Sandrine Allonier.

Mais sur le plan immobilier, c’est plutôt du côté des dépenses annexes qu’il faut regarder. La hausse des prix de l’énergie pourrait en effet peser très fortement dans le budget des futurs emprunteurs, « avec la nécessité peut être d’augmenter le reste-à-vivre minimum afin de tenir compte de la hausse de ces dépenses malheureusement souvent inévitables », selon Vousfinancer. Quant au coût des matières matières premières et l’acheminement des matériaux de construction, qui avait déjà subi des ralentissements au début de la crise du Covid-19, ils pourraient aussi pâtir de la situation.

L’aspect « valeur refuge » de la pierre renforcé ?

Néanmoins, la crise ukrainienne pourrait avoir des aspects positifs pour l’immobilier français. La forte volatilité des marchés pourrait bénéficier au marché et « renforcer le côté valeur refuge de l’immobilier ». Cela a été le cas durant la crise sanitaire en incitant les investisseurs prudents à placer leur argent dans l’immobilier », conclut le courtier.