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Crédit immobilier : les taux poursuivent leur remontée

Un courtier en crédit fait part de hausses de taux pour l’ensemble des barèmes bancaires reçus, allant de 0,10 à 0,45 %.

crédit immobilier
Crédit : iStock.

Le mouvement haussier concernant le crédit immobilier constaté depuis le début de l’année se poursuit, et même s’amplifie en avril. Le courtier Vousfinancer constate que la plupart des banques, nationales ou régionales, ont remonté ce mois-ci leurs taux de 0,05 point à 0,45 point pour l’une d’entre elles, qui avait déjà augmenté ses taux de 0,30 en mars. « Ces augmentations de taux dans les barèmes concernent la plupart du temps tous les profils, mais dans certaines banques davantage les moins bons profils, avec les plus bas revenus, à qui l’on propose désormais parfois des taux supérieurs à 2 % sur 20 et 25 ans », analyse le courtier. 

Ainsi les taux moyens proposés augmentent en avril à 1,25 % sur 15 ans, 1,45 % sur 20 ans et 1,65 % sur 25 ans. Les taux pour les meilleurs profils remontent également tout en restant malgré tout attractifs : 0,90 % sur 15 ans, 1 % sur 20 ans et 1,25 % sur 25 ans. 

Le crédit immobilier affecté par l’usure

« Le taux d’emprunt d’État à 10 ans est revenu à son niveau d’avril 2017, au moment où les banques prêtaient en moyenne à 1,70 % sur 20 ans, contre 1,45 % actuellement. Les banques tentent au maximum de limiter la remontée des taux ou de la rendre la plus progressive possible, en envoyant de nouveaux barèmes tous les quinze jours pour certaines, avec des hausses limitées, analyse Sandrine Allonier, directrice des études de VousfinancerPour autant dans ce contexte, le mouvement risque de se poursuivre dans les prochaines semaines, alors même qu’avec les taux d’usure actuels, les taux affichés sur certains barèmes conduisent systématiquement à des refus ». 

L’usure pourrait avoir une influence sur la politique des banques, et donc le marché du crédit. « Les établissements bancaires pourraient donc choisir de juguler la hausse, mais cela se ferait au détriment de leur marge et pourrait les mettre dans des situations difficiles, si leurs taux de refinancement continuaient à augmenter », estime de son côté Pierre Chapon, président de Pretto.

Impact sur le taux d’endettement 

L’impact sur le taux d’endettement commence également à se faire sentir. Compte tenu de l’augmentation, des mensualités engendrée par la hausse des taux, pour emprunter par exemple 300 000 € sur 20 ans, il faut gagner 200 € nets de plus par mois dans certaines banques pour compenser une hausse des taux de 0,50 point selon Vousfinancer, et pour respecter le seuil de 35 % d’endettement désormais strictement appliqué. 

Quoi qu’il en soit, « les semaines qui viennent ne vont pas être faciles ni pour les emprunteurs, ni pour les banques », avertit-on chez Meilleurtaux.