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Crowdfunding immobilier : un placement qui n’est pas sans risques

Le crowdfunding immobilier a affiché en 2021 des chiffres très attractifs pour les investisseurs. Mais le risque de défaillance reste néanmoins à prendre en compte.

crédit immobilier
Crédit : iStock.

Près de deux fois plus de sommes collectées en un an, un nombre de projets financés en hausse de 81% et un rendement qui flirte avec les 10%. Sur le papier, le crowdfunding immobilier a tout pour séduire les investisseurs, relève Les Échos, mardi 24 mai. S’il est clair que cette technique de financement participatif a le vent en poupe, les acteurs du secteur mettent cependant en garde contre un excès de confiance. Les défaillances pourraient en effet augmenter à la faveur de la crise internationale. Il convient donc de rester prudent.

Un investissement immobilier à moindre coût

Le système permet à des particuliers de participer, via des plateformes spécialisées, à des projets portés essentiellement par des promoteurs. Cela permet de rassurer les banques qui, si elles restent les principales investisseuses, ne sont pas les seules à prendre des risques. Les particuliers ont pu, de leur côté, percevoir en 2021 un revenu de 9,21 % pour un ticket d’entrée assez modeste de 2.871 euros en moyenne par opération.

Pourtant, « dans les faits, il existe une possibilité de perte partielle, voire totale, du capital investi ou un retard dans le calendrier de remboursement initialement prévu », prévient Arnaud Romanet-Perroux, fondateur de la plateforme Upstone, citée par Les Échos. Les défaillances des opérateurs restent possibles, même si elles sont très rares avec moins de 0,1% en 2021. En revanche, le taux de retard était lui en augmentation avec 4,76% pour ceux de moins de six mois (+ 0.36 point) et 6,61% pour ceux supérieurs à six mois (+ 0,91 point). La pandémie et les difficultés d’approvisionnement en matières premières, renforcées par la crise ukrainienne, sont vectrices d’incertitudes.

Or, « il faut souvent plusieurs mois, voire années, avant que la défaillance de l’opérateur soit effectivement reconnue et donc intégrée dans les chiffres », relève Arnaud Romanet-Perroux. Il est donc possible que cette augmentation des retards présage de davantage de défaillances. Bien qu’attractif, le crowdfunding immobilier doit donc rester un actif de diversification et il est imprudent d’y réaliser la majorité de ses investissements.