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Inflation : qui a encore intérêt à souscrire un emprunt immobilier ?

Qui peut encore emprunter, et dans quel objectif ? Éléments de réponse avec Vousfinancer.

inflation

L’inflation bat des records, tandis que les taux de crédit atteignent 1,5 % en moyenne. La donne a donc considérablement changé en quelques mois, éclipsant une inflation atone sur plusieurs années et un environnement de crédit au plus bas. Pourtant, certains profils ont encore intérêt à faire jouer le crédit, selon le courtier Vousfinancer. Lesquels ? Tout dépend de la situation de l’emprunteur, et des – éventuelles – évolutions de salaires futures. « En période d’inflation, il est intéressant d’acheter, car la mensualité d’un crédit reste fixe durant toute la durée du crédit, donc son poids relatif diminue par rapport aux autres dépenses, mais surtout dans le budget global du ménage si le salaire de l’emprunteur progresse avec à la clé une baisse du taux d’endettement », indique le courtier en crédit. Un postulat qui ne vaut « qu’à condition que les revenus augmentent, dans l’idéal autant que l’inflation, ce qui est loin d’être toujours le cas ».

Les taux d’emprunt d’État sur 10 ans ont récemment surchauffé, mais se stabilisent autour de 2 %. Après être montés à 2,35 % mi-juin, ils retrouvent leur niveau d’avril 2014 au moment où les taux de crédit étaient à plus de 3,3 %. Ainsi, dans l’hypothèse d’une hausse du salaire de 2,5 % par an, le taux d’endettement pour un salaire de base de 3500 euros et une mensualité de 1000 € passe de 28,6 % à 22,9 % en 10 ans d’après le courtier. Reste que la baisse de la capacité d’emprunt et la hausse des prix de l’immobilier pèsent aussi. « Si ces dernières années, la hausse du salaire minimum permettait encore de compenser dans certaines villes la hausse des prix de l’immobilier grâce également à la baisse des taux, ce n’est désormais plus le cas », analyse Sandrine Allonier, directrice des études et porte-parole de Vousfinancer.

Inflation et hausse des loyers

Quoi qu’il en soit, les investisseurs tirent leur épingle du jeu. Notamment, grâce à la revalorisation des loyers, indexés sur l’inflation via l’indice de référence des loyers (IRL). Sur un an, il augmente de 2,48 %, après + 1,61 % au trimestre précédent. Dans le contexte actuel d’inflation, la hausse aurait dû se poursuivre et s’accélérer dans les prochains mois. Bien que plafonnée à 3,5 % par le gouvernement, « la hausse des loyers en période d’inflation reste effective. Ainsi, pour les investisseurs, toute chose égale par ailleurs, la mensualité du prêt va rester fixe pendant toute la durée du crédit mais les loyers servant à la rembourser en partie, eux, augmentent, venant diminuer l’effort d’épargne mensuel », selon Sandrine Allonier.