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L’étau se desserre temporairement sur le crédit immobilier

Retour sur le relèvement des barèmes des taux d’usure, qui devrait redonner une bouffée d’air au marché. Mais pas pour longtemps. 

crédit immobilier

Une bouffée d’oxygène pour les emprunteurs. Le 1er octobre dernier, les nouveaux barèmes trimestriels des taux d’usure, ces seuils au-delà desquels les banques n’ont pas le droit de prêter, entraient en application. Et, comme anticipé, Ils marquaient une hausse substantielle de près d’un demi-point par rapport à ceux en vigueur entre juin et septembre, passant de 2,60% à 3,03% pour les crédits immobiliers d’une durée comprise entre 10 et 20 ans, et de 2,57 % à 3,05% pour les prêts sur 20 ans et plus. Suffisant pour débloquer un marché du marché du crédit immobilier quelque peu grippé cet été à cause de l’écart trop faible entre taux nominaux et taux d’usure ? Assurément, même si l’éclaircie risque d’être de courte durée. En octobre, les courtiers signalaient une nouvelle hausse sensible des grilles tarifaires des banques. « Nous notons en majorité des augmentations de 20, voire 30 points de base pour la plupart des établissements », confie Cécile Roquelaure, directrice des études d’Empruntis, Constat similaire pour Vousfinancer, qui mentionne des augmentations de 0,15 à 0,40 point, pour un taux moyen des prêts à 20 ans de 1,90%.

Hausse des taux d’emprunt d’Etat 

En cause, l’envolée du taux de l’emprunt d’Etat à 10 ans, qui atteint désormais plus de 2,80% (contre 0% en début d’année) et la hausse des taux de refinancement. Les mêmes facteurs produisant les mêmes effets, les taux nominaux devraient encore grimper d’ici la fin de l’année. Avec le risque de provoquer de nouveau un effet d’éviction pour beaucoup d’emprunteurs, car il faut ajouter au taux nominal les assurances, les garanties et les frais de dossier… Or ce taux d’intérêt « tout compris » (appelé taux annuel effectif global) est souvent proche du seuil de l’usure, quand il ne le dépasse pas.

Comment mettre toutes les chances de votre côté pour emprunter ? Certains professionnels avancent l’idée de souscrire plusieurs lignes de prêts de maturités différentes, incluant une part de crédit à taux bonifiés – certaines banques proposent des enveloppes de 20 000 à 30 000 euros à des taux aux alentours de 1% –, ce qui permet de faire baisser le taux moyen du prêt. Autre piste : les prêts à taux variables ou à taux mixtes. Enfin, pour mieux négocier les taux, détenir une épargne résiduelle substantielle représente un atout de poids.

Quid des prix ?

En septembre, les prix de l’immobilier en France ont progressé de 0,3%, selon Meilleurs Agents, portant à 4,6% la hausse enregistrée depuis le début de l’année. Tendance nouvelle, l’Ile-de-France commence à souffrir, contaminée sans doute par la morosité parisienne. Dans les Hauts-de-Seine, où les prix sont très élevés (7 296 euros le mètre carré), un recul a même été amorcé : – 0,3% depuis le 1er janvier. En régions, le contexte reste encore clément, même si certaines grandes villes commencent à caler, à l’image de Rennes.