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Crédit immobilier : pour la Banque de France, le marché se « normalise »

Le montant des nouveaux crédits immobiliers s’est effondré en un an. Mais la Banque de France tempère les inquiétudes, notamment sur le taux d’usure.

crédit immobilier

La rapidité avec laquelle les taux immobiliers ont augmenté, couplée à des problèmes d’offre et de demande, agite le marché du crédit immobilier depuis plusieurs mois. Certains acteurs tirent la sonnette d’alarme devant la contraction du secteur. Mais la Banque de France se veut plus rassurante. Une position qui laisse supposer qu’une évolution du calcul du taux d’usure n’est pas à l’ordre du jour. En septembre, le montant des nouveaux crédits immobiliers accordés s’est contracté de 20% par rapport à l’an dernier à la même période en 2021. Il est tombé à 26,7 milliards d’euros, rapporte Le Parisien.

Un impact négligeable du taux d’usure sur le crédit immobilier ?

La hausse des taux est le principal facteur de cette situation, selon la Banque de France. Hors frais d’assurance, ils ont atteint une moyenne de 1,68% en septembre. Sachant qu’un emprunteur ne doit pas dépasser 35% de taux d’endettement, cela exclut de fait certains candidats. Mais cette augmentation intervient après des années d’argent « gratuit » qui relevaient d’une situation exceptionnelle, presque d’une anomalie. « Nous sortons d’un premier semestre exceptionnel, après une année 2021 qui l’était aussi », explique au Parisien Marie-Laure Barut-Etherington, directrice générale adjointe à la direction des statistiques, des études et de l’international (DGSEI), rattachée à la Banque de France. Selon elle, « on assiste à une normalisation mais pas à un effondrement du marché du crédit immobilier ».

La Banque de France semble donc exclure le rôle du taux d’usure. Ce seuil maximal auquel il est permis d’emprunter est critiqué par les courtiers et les banques. Selon eux, malgré son relèvement d’un tiers en octobre, il serait trop bas et exclurait donc certains ménages du marché des crédits. Au point que le ministre du Logement Olivier Klein a évoqué fin octobre des discussions avec la Banque de France pour en revoir le mode de calcul et le rendre plus réactif aux évolutions rapides des taux.

La DGSEI pointe un autre élément qui peut expliquer la chute du montant des crédits : l’effondrement des renégociations. Dans un contexte de hausse des taux, « les emprunteurs qui ont souscrit des prêts à taux très bas n’ont plus aucun intérêt à renégocier leur crédit », précise Marie-Laure Barut-Etherington. Ces renégociations représentaient 4,6 milliards d’euros en mai, mais seulement 2,3 milliards d’euros en septembre.