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Rénovation énergétique : pourquoi ça coince ?

En matière de rénovations énergétiques, de nombreux mécanismes doivent être mis en place ou améliorés en 2023, après des débuts décevants.

Rénovation énergétique
Crédit: iStock.

La flambée des prix de l’énergie et les risques de pénurie ont mis un peu plus en avant la nécessité de la rénovation énergétique des biens. Une nécessité déjà bien affirmée par les règles contraignantes concernant les passoires thermiques, le réchauffement climatique ou le vieillissement du parc immobilier français. De nombreuses mesures et aides ont été mises en place pour inciter les propriétaires à effectuer ces travaux. Mais leur effet n’a pas été à la hauteur des investissements. À titre d’exemple, malgré un budget de 1,7 milliard d’euros en 2021, MaPrimeRénov’ n’a permis qu’à 2.500 logements d’augmenter leur performance énergétique.

La rénovation énergétique complexe à mettre en œuvre


Le Gouvernement a reconnu des difficultés de mise en place et compte y remédier en 2023. Il prévoit notamment de concentrer les aides sur les chantiers de rénovation énergétique les plus ambitieux et efficaces, plutôt que de financer en masse des travaux sans grand impact sur la qualité énergétique du logement. L’exécutif cherche également à simplifier l’accès aux nombreuses aides, rappellent Les Échos. Car entre MaPrimeRénov’ Sérénité, l’éco-prêt à taux zéro, un autre PTZ associé à MaPrimeRénov’, les dispositifs, « coup de pouce », et « coup de boost », il est parfois difficile de s’y retrouver. Par ailleurs, nombre de primes dépendent du niveau de revenu du bénéficiaire. Faire le devis réel de la prestation peut donc vite être un parcours du combattant, d’autant plus qu’il faut que les artisans engagés soient reconnus garants de l’environnement (RGE).

En 2023, il deviendra obligatoire de se faire conseiller par un « accompagnateur Rénov’ ». Celui-ci vous assiste dans la maîtrise d’ouvrage. Cela est censé permettre de mieux utiliser les aides et d’y voir plus clair, mais risque également de constituer une contrainte supplémentaire pour les propriétaires.

Des améliorations pourraient également être apportées au DPE. Cette classification permet de définir les passoires thermiques qui seront bientôt interdites à la location. Mais aussi les biens qui devront réaliser un audit énergétique au moment de la vente. Il commence donc à impacter également les dossiers de crédit immobilier. Or, il est critiqué pour son manque de clarté et de cohérence. En plus de cela, l’impact des travaux de copropriété sur les performances énergétiques d’un appartement peut grandement compliquer l’amélioration de son DPE. Les chantiers restent donc nombreux sur la question de la performance énergétique.