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Passoires thermiques : quel impact du DPE sur le prix de vente

Entre prix de l’énergie et nouvelles règles sur les passoires thermiques, les biens présentant un mauvais DPE commencent à subir une décote sur le marché immobilier.

DPE
iStock

C’est un élément qui est longtemps resté secondaire dans la décision d’achat immobilier : le diagnostic de performance énergétique (DPE) a désormais un réel impact sur le prix de vente. En effet, la nouvelle réglementation sur les passoires thermiques a largement remis en cause la valeur de ces biens, notamment en tant qu’investissement locatif. À compter du 1er janvier 2023, les biens dont la consommation excède 450 kWh (classe G) seront interdits à la location. La classe F suivra en 2028, puis la classe E en 2034. À cela s’ajoutent la crise énergétique et les considérations environnementales grandissantes qui, même pour un achat de résidence principale, renforcent l’impact d’un mauvais DPE.

La décote des passoires thermiques varie selon les villes

Or les travaux de rénovation énergétique restent chers, a fortiori pour des investisseurs dont les revenus ne permettent généralement pas de bénéficier d’une importante aide de MaPrimeRenov. Et les travaux pour une rénovation énergétique globale se chiffrent en moyenne à 40.000 euros. Des investissements qui finissent par peser sur le prix de vente, selon une étude de PriceHubble, spécialisé dans l’estimation et dans le conseil immobilier en Europe, relayée par Le Figaro.

Elle a analysé les décotes subies dans une vingtaine de villes françaises entre les logements classés A et les passoires thermiques. Les chiffres peuvent beaucoup varier selon les villes. La décote est de 5 % du prix environ pour les appartements situés à Bordeaux, Le Havre, Dijon, Grenoble ou Lyon. Elle grimpe à 10 % à Strasbourg. La décote est nettement plus importante sur les maisons, souvent plus grandes et donc plus chères à chauffer. On remarque d’ailleurs que les prix baissent moins dans les zones méridionales, avec par exemple une baisse d’environ 4 % à Lyon ou Montpellier. Elle est en revanche de 15 % à Dijon, Reims, Rennes ou Angers.

En revanche, Paris fait de la résistance. « La majeure partie des appartements parisiens présente une faible performance énergétique, avec des DPE E, F ou G. C’est probablement l’une des raisons pour laquelle le marché parisien semble n’avoir pas encore intégré la performance énergétique comme critère clé pour le prix de vente des biens immobiliers », analyse le directeur de PriceHubble France.