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Location de passoires thermiques : de nombreux propriétaires vont échapper à l’interdiction

La date fatidique approche pour la location des passoires thermiques. Mais dans les faits, l’impact est à relativiser.

passoires thermiques
iStock

Il ne reste plus que quelques jours avant que n’entre en vigueur la première vague d’interdiction de location des passoires thermiques. La loi « Climat et résilience » prévoit en effet que, dès le 1er janvier 2023, les logements les plus énergivores ne pourront plus être proposés à la location. La règle a vocation à s’élargir progressivement au fil des années. Mais dans les faits, assez peu de propriétaires devraient être concernés, du moins dans un premier temps, relève Le Figaro. Pour rappel, la loi n’interdit à la location qu’une partie des biens classés G par le diagnostic de performance énergétique. Ceux dont la consommation finale annuelle dépasse les 450 kilowattheures par mètre carré.

Assez peu de passoires thermiques très mal classées

Or, ces biens sont assez peu nombreux. Ils ne seraient que quelque 500.000 sur l’ensemble des bâtiments français. Mais tous ne sont pas proposés à la location. Selon Le Figaro, « seulement » 140.000 logements sont réellement concernés. Et même au sein de cet échantillon restreint, les propriétaires ne seront pas tous contraints dès le 1er janvier. Il n’est en effet pas question d’expulser les locataires de passoire thermique à la nouvelle année. La location restera donc autorisée lorsqu’un bail est en cours. Enfin, la rénovation des parties communes peut parfois suffire à améliorer la classe énergétique d’un logement. L’interdiction ne devrait donc pas être aussi brutale qu’on pouvait le craindre. 

Néanmoins, la contrainte devrait prendre une ampleur nettement plus grande dans les années à venir. En effet, dès 2025, c’est l’ensemble des logements classés G qui seront concernés par cette interdiction, auxquels s’ajouteront les logements F en 2028. Ils représentent une part autrement plus importante du parc immobilier. Ce sont ainsi 7,2 millions de biens qui, sauf révision du calendrier, devront être rénovés en cinq ans. À noter que certains propriétaires ont pu envisager de transformer leur logement en meublé touristique (type Airbnb), non concerné par l’interdiction dans la première version de la loi. Mais le Gouvernement a prévenu que ce vide juridique allait vite être comblé.