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Crédit immobilier: la baisse du taux d’usure pèse sur les dossiers les plus fragiles

Conjuguée avec la hausse des taux d’emprunt, la baisse du taux d’usure risque de pénaliser les emprunteurs les plus modestes.

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Crédit: iStock.

Le taux dit d’usure est celui au-dessus duquel il est interdit d’emprunter. Fixé à la fin de chaque trimestre par la Banque de France, il vise à protéger les emprunteurs contre d’éventuels abus. Depuis le début de 2020, il baisse pour la deuxième fois, rapportent Les Échos. Désormais, il atteint 2,51 % pour les prêts contractés sur une durée d’au moins vingt ans. «Au total, le taux d’usure a baissé de 0,86% depuis janvier 2017, alors même que les taux nominaux moyens sur vingt ans n’ont reculé que de 0,15%, soit une quasi-stabilité», explique au quotidien Vousfinancer.

Parallèlement, depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, des banques ont fait le choix d’augmenter leurs taux. Une hausse qui oscille entre 0,05 à 0,70%. Dans la pratique, cet amoindrissement de l’écart entre ces deux taux, appelé effet ciseaux, limite la marge de négociation. Il pourrait tout particulièrement pénaliser les emprunteurs les plus modestes.

Une marge incompressible

Désormais, le taux maximal légal autorisé pour que les banques financent un crédit sur vingt ans et plus a diminué de 0,10% pour atteindre 2,51%. Et pour les prêts d’une durée de moins de dix ans, le taux d’usure est descendu à 2,41% au deuxième trimestre et à 2,40% pour les prêts entre dix et vingt ans. 

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« En début d’année, le delta entre le taux proposé par les banques et le taux d’usure permettait déjà à peine d’intégrer les différents frais ; de dossiers, d’assurances et de garanties », s’inquiète Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi, interrogé par le quotidien. Par le biais l’Association professionnelle des intermédiaires en crédit (Apic), ce dernier demande une fois encore à la Banque de France de «mettre en place une marge incompressible d’au moins 2%», afin que le taux d’usure ne devienne pas «un frein à l’accession à la propriété» une fois l’heure de la reprise arrivée.