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Crédit immobilier: taux «attrayants» jusqu’à la fin de l’année selon le courtier CAFPI

Les recommandations du HCSF ont porté un coup dur au secteur du crédit immobilier, en limitant l’accès au crédit, notamment pour les primoaccédants sans apports. Le taux d’accord de crédit est donc à la baisse.

A quoi ressemblera le deuxième trimestre 2020 sur le marché du crédit immobilier ? Tout d’abord, il ne faut pas s’attendre à un bond des taux moyens. Selon le courtier CAFPI, les taux moyens sur 20 ans obtenus en juin 2020 (1,05%) sont identiques à ceux observés l’année dernière. « La stabilisation des indicateurs (Obligation assimilable du Trésor [OAT] et Euribor) nous laisse penser que les taux de crédits immobiliers devraient rester attrayants, et ce, au moins jusqu’à la fin de l’année », estime le directeur général adjoint du courtier, Philippe Taboret.

Mais la persistance de ces taux bas a un revers, note-t-il : couplés aux recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) (limiter les prêts à 25 ans et un taux d’endettement des emprunteurs à 33%), ils excluent de nombreux acheteurs du crédit immobilier alors qu’ils sont solvables. « Les profils les plus touchés sont les primoaccédants sans apport, les investisseurs endettés au-delà de 33% et les seniors, à cause du surcoût de l’assurance », précise Philippe Taboret. Le taux d’accord de crédit est donc en baisse, -10 points sur un an.

Un marché difficile

Des éléments qui n’arrangent pas les affaires du courtier alors que le premier semestre de l’année a été compliqué, en raison de la crise sanitaire. CAFPI anticipe une baisse d’un tiers de la production de crédit au deuxième semestre 2020, comparé au premier semestre (70 milliards d’euros, hors renégociation, contre 90 milliards d’euros), malgré le redémarrage du marché de l’immobilier.

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Mais c’est surtout le premier semestre 2021 qui risque d’être compliqué, avec une nouvelle baisse d’un tiers. CAFPI estime qu’entre janvier et juin 2021, « seulement » 60 milliards d’euros de crédits seront produits. Ce décalage dans le temps s’explique par le délai entre la négociation du crédit et la mise à disposition des fonds. Pour le directeur adjoint de CAFPI, « le durcissement des conditions d’accès au crédit est un des coupables de cette baisse de production et la crise sanitaire n’a été qu’un facteur amplificateur de cette perte de dynamisme ».