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Crédit immobilier : malgré la reprise, moins de prêts ont été accordés

Malgré un rebond de la demande observé à compter du mois de juin, le marché des crédits immobiliers n’a pas retrouvé sa vigueur de 2019.

Selon le tableau de bord de L’Observatoire Crédit Logement / CSA, la dégradation du marché des crédits immobiliers s’est poursuivie au troisième trimestre 2020. Notamment du fait des recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), qui ont pesé sur l’activité du marché dès décembre 2019.

En janvier et en février, le nombre de prêts accordés était donc déjà en recul de 6,6% en glissement annuel. Logiquement, avec la crise sanitaire et le confinement, la demande s’est réduite. Entre le 17 mars et le 11 mai la quantité de prêts accordés a reculé de 41,9%. Le rebond, observé en juin, n’a pas permis de combler le retard pris au premier semestre. Très court, il n’a pas empêché une nouvelle phase de recul du nombre des prêts accordés (- 19,9,6% en glissement annuel entre juin et septembre). Sur les neuf premiers mois de l’année, la diminution par rapport à 2019 atteint 19,9%. Dans le marché du neuf, cette chute grimpe à 28,4%.

Importantes disparités

Selon L’Observatoire, dans un premier temps, les banques ont augmenté les taux des nouveaux crédits accordés après le confinement. Et cela afin de limiter les conséquences de la crise sur leur équilibre financier. Mais dès juillet, le taux moyen a commencé à reculer, dans le but de soutenir la demande de crédits immobiliers sur des marchés à la peine, en dépit du rebond technique. En septembre, le taux moyen s’est établi à 1,22%.

Mais comme bien souvent, cette moyenne cache d’importantes disparités. Dans la pratique, les ménages présentant les moins bons profils sont ceux qui connaissent la hausse la plus importante. En un an, les taux qui leur sont proposés ont augmenté de 15 points de base pour un emprunt dont la durée oscille entre quinze et vingt ans. Elle atteint même 20 points pour un crédit sur vingt-cinq ans. En moyenne, cette hausse est de 10 points.

Moins de crédits de plus de vingt-cinq ans

Quid de la durée des crédits immobiliers accordés ? Au troisième trimestre, la moyenne était de 227 mois. Pendant le confinement, elle s’était établie à 231 mois. La détente des taux d’intérêt intervenue durant l’été s’est accompagnée d’une diminution de cette moyenne pour revenir aux valeurs d’avant confinement. Si elle n’a jamais été particulièrement élevée depuis 2012, la part de la production de crédit à plus de vingt-cinq ans a encore reculé pour atteindre 0,8% des crédits immobiliers accordés au troisième trimestre.

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D’une manière générale, les emprunteurs les plus jeunes sont ceux qui s’engagent sur les durées les plus longues. Ainsi, 62,3% des moins de 35 ans contractent des prêts dont la durée dépasse vingt ans, contre 47,6 % des accédants.