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Investir en SCPI via son assurance vie : avantages et inconvénients

Comment investir en SCPI dans un contrat d'assurance vie ? Achat de parts classique ou en souscrivant dans le cadre d’un contrat d’assurance vie. Explications

Les SCPI sont les principaux véhicules utilisés par les Français pour leurs investissements en pierre-papier. Au moment d’investir, ceux-ci peuvent opter pour un achat de parts classique ou souscrire dans le cadre d’un contrat d’assurance vie. « Les deux logiques ne sont pas similaires, rappelle Daniel While, directeur recherche et stratégie de Primonial REIM. L’achat de parts de SCPI en direct, souvent assorti d’un crédit, est un acte assez proche de l’achat d’immobilier physique, les contraintes en moins. L’investisseur qui opte pour des SCPI sous forme d’unités de compte (UC) obéit plutôt à une logique de diversification de son contrat d’assurance vie. »

Inconvénients des SCPI dans le contrat d’assurance vie

Le choix de l’enveloppe spécifique qu’est l’assurance vie est tout sauf neutre. « D’abord, en faisant ce choix, l’investisseur se prive de certaines possibilités offertes par l’achat de SCPI en direct, comme la possibilité d’acheter avec de l’endettement ou en démembrement », indique Paul Bourdois, co-fondateur de la plateforme de distribution France SCPI. Ensuite, en optant pour tel ou tel contrat, il sera soumis au choix de l’assureur, qui ne référence qu’un certain nombre de produits. » Certains fournisseurs de SCPI refusent même tout bonnement que leurs produits soient éligibles aux contrats d’assurance vie. « Cela a conduit un acteur comme Corum à créer son propre contrat », explique Emmanuel Narrat, dirigeant du cabinet Haussmann Patrimoine. Mais celui-ci ne propose que les deux SCPI plus l’offre de fonds obligataires maisons. Et pas de fonds en euros.

Avant d’acheter au travers de l’assurance vie, il faut comprendre un point crucial. Vous n’allez pas directement être associé de la SCPI, donc porteurs de parts, mais souscrire à des UC reflétant de manière imparfaite l’évolution des parts. Certes, certains contrats vont vous proposer des frais d’entrée réduits, mais cela ne reflète pas réellement un coût inférieur, car l’assureur va évidemment se rémunérer. « En fonction des contrats, l’assureur va parfois prendre des frais spécifiques à l’entrée, parfois valoriser la SCPI à une valeur différente, parfois ne pas reverser intégralement les dividendes », explique Daniel While. Ce sont là divers moyens pour l’assureur de prélever les frais liés au contrat. « Ce qu’il faut retenir, c’est que, détenue dans le cadre d’un contrat d’assurance vie, une SCPI délivrera environ 1% de rendement de moins qu’en direct. » Un chiffre à apprécier à l’échelle du rendement moyen des SCPI : 4,4% l’an dernier.

Avantages des SCPI dans l’assurance vie

Mais alors, quel est l’intérêt d’un tel choix ? En contrepartie de tout cela, l’investisseur va obtenir un bénéfice d’ordre fiscal. « Les UC immobilières bénéficient du même régime fiscal que les autres investissements en assurance vie, à savoir une fiscalité qui s’applique seulement sur les retraits et réduite après huit ans », rappelle Daniel While. Dans ce cadre, l’investisseur ne perçoit pas de revenus fonciers, les dividendes étant réinvestis dans la SCPI. Seul bémol, pour les contribuables concernés, la valeur des parts est réintégrée à l’assiette de calcul de l’impôt sur la fortune immobilière. Un autre avantage de l’assurance-vie est moins visible mais pourrait s’avérer utile en période de crise. « Dans le cadre de l’assurance-vie, c’est l’assureur qui assure la liquidité, rappelle Emmanuel Narrat. Il doit le faire dans un délai légal de deux mois lorsque l’épargnant souhaite arbitrer et les conditions générales de certains contrats prévoient même un délai réduit à un mois. » En période tendue, le temps nécessaire pour sortir d’une SCPI détenue en direct peut s’avérer beaucoup plus long et dépend de l’attractivité du produit en question à un instant donné.