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Les SCPI ont repris des couleurs au troisième trimestre

Sans surprise, le déconfinement a été synonyme de regain de collecte et de redressement des dividendes pour les SCPI, selon l’Aspim. Mais bien qu’encourageante, cette embellie est à interpréter avec prudence.

Les épargnants peuvent respirer. Alors que la dégradation des principaux indicateurs des SCPI au deuxième trimestre faisait craindre un atterrissage douloureux en 2020 pour ces fonds de la pierre papier, le pire des scénarios devrait être évité. Dans son dernier bilan, l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim) mentionne en effet une légère amélioration des volumes de collecte, des investissements et de la distribution au troisième trimestre, en rythme séquentiel. De quoi accréditer la thèse d’une certaine résilience des SCPI face à la crise sanitaire.

Attentisme de mise chez les investisseurs

Du côté des performances commerciales, les SCPI Immobilier d’entreprise et fiscales ont collecté 1,01 milliard d’euros entre juin et septembre 2020, selon les statistiques de l’Aspim-IEIF. Si ce volume s’inscrit en repli 44% par rapport au troisième trimestre de l’an dernier – qui constituait une base de comparaison très élevée -, il progresse tout de même de 16% par rapport au second trimestre 2020. A noter que la collecte sur les neuf premiers mois de 2020 s’élève à 4,5 milliards. C’est inférieur de 26% par rapport à la même période de l’an dernier mais en augmentation de 30% par comparaison avec les trois premiers trimestres de 2018, par exemple. Pas de quoi rougir, donc, pour les sociétés de gestion.

En regardant le verre à moitié vide, on ne peut cependant que constater que la dynamique des SCPI est brisée ou, du moins, émoussée. Car, malgré la réouverture des réseaux de distribution physiques, les Français ne se sont pas rués sur les SCPI. « La collecte post confinement n’a pas été aussi forte qu’espérée du fait de l’attentisme persistant des épargnants », corrobore Jean-Marc Joly, le nouveau président de l’Aspim. L’attractivité de la pierre est-elle remise en cause ? Sans aller jusque-là, il semble bel et bien que les inquiétudes, nombreuses, qui prévalent sur le marché immobilier tertiaire, conditionnent les décisions des investisseurs.


… Mais pas de mouvement de défiance


Fait rassurant, les retraits sur les SCPI sont restés très mesurés. Sur le marché secondaire, il s’est échangé 275 millions d’euros au troisième trimestre 2020, contre 305 millions euros au deuxième, en hausse de 22% sur un an. Mais ces ventes pèsent bien peu par rapport à la capitalisation globale des SCPI, laquelle atteint 69,9 milliards d’euros au 30 septembre, en augmentation de 11% sur un an. Dit autrement, les associés de SCPI se montrent, dans leur grande majorité, fidèles. En atteste la quasi-stabilité du taux de rotation des parts, passé de 0,37% au troisième trimestre 2019 à 0,42% un an plus tard.

Des acquisitions nombreuses, en particulier dans les bureaux et la santé


Autre élément de bon augure pour les SCPI, les gérants ont multiplié les initiatives stratégiques ces derniers mois, déboursant 2,5 milliards d’euros pour des investissements contre un peu moins de 2 milliards au troisième trimestre 2019. Ces acquisitions se sont portées en priorité sur les bureaux (70%) et, dans une moindre mesure, sur les commerces et la santé (en incluant les Ehpad, résidences seniors et centres de santé), cette dernière thématique confirmant son attractivité pour les gestionnaires. Géographiquement, les emplettes ont d’abord été effectuées en Ile-de-France (51%, dont 21% à Paris) puis à l’étranger (26%) et dans les régions françaises (23%).

Dans le même temps, les SCPI ont cédé pour 305 millions d’euros d’actifs, contre 520 millions sur la même période de l’année dernière. Les actifs arbitrés sont à 85% des bureaux et à 81% localisés en Ile-de-France.

Les acomptes sur dividende remontent

Enfin, et c’est sans doute ce qui intéresse au premier chef les investisseurs, l’ASPIM fait état d’une amélioration des performances financières des SCPI. Grâce à l’amélioration des taux de recouvrement des loyers, plus de la moitié d’entre elles ont rehaussé l’acompte sur dividende versé au titre du troisième trimestre. Si bien que les acomptes du trimestre ont bondi de 12% en moyenne par rapport au second trimestre. Les mesures d’accompagnement des locataires en difficultés (mensualisation ou étalement des loyers) ont prouvé leur efficacité.

Au global, la performance des SCPI d’entreprise au 30 septembre 2020 s’établit à 4,8% sur une année glissante, dont 4,2% pour le rendement courant (stable par rapport au trimestre précédent) et 0,6% pour la revalorisation des parts (en baisse de 0,6 point sur un trimestre), selon l’indice EDHEC IEIF Immobilier d’Entreprise France.