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SCPI : la baisse des rendements se poursuit

Le rendement glissant sur un an des SCPI est passé à 4,27 % au premier trimestre, puis à 4,14 % au deuxième trimestre pour s’établir à 4,12 %au 30 septembre 2020, selon MeilleureSCPI.

Crédit: iStock.

La crise aura bien créé un trou d’air dans les SCPI de rendement. La collecte est en effet en recul au 3e trimestre 2020, à un peu plus de 1 milliard d’euros selon MeilleureSCPI.com, en baisse de 48% par rapport au troisième trimestre 2019. Pour autant, la plate-forme y voit un « retour à la normale » comparé aux années 2017 ou 2018. « Au regard du contexte, c’est un excellent score, cela montre la confiance des épargnants, analyse Jonathan Dhiver, fondateur de la plateforme. Nous saluons cette baisse : la collecte s’assagit. Cela permet aux gérants d’acheter des actifs dans de bonnes conditions. »

Sur le plan de la distribution, la baisse est également au rendez-vous, bien que de manière mesurée. De 4,40 % en 2019, le rendement glissant sur un an est passé à 4,27 % au premier trimestre, puis à 4,14 % au deuxième trimestre pour s’établir à 4,12 % au 30 septembre 2020. « Sur l’ensemble de l’année, il devrait se situer autour de 4% », complète Jonathan Dhiver. Côté capitalisation, les SCPI de rendement pesaient à cette date 66 milliards d’euros, en hausse de 12% sur un an. A noter que 6 SCPI dépassent le seuil des 3 milliards d’euros.

Pas de retraits massifs

Les craintes de vagues de retraits sont pour l’heure balayées. Selon MeilleurSCPI.com, le taux de rotation des parts est stable, à 0,22%. Le taux d’occupation financier (TOF) moyen à fin septembre se situe à 90,06%, en recul de 0,33 point comparé à juin, conséquence de la négociation de franchises de loyers. Par ailleurs, la plateforme dénombre 7 nouvelles SCPI qui ont vu le jour cette année, malgré la crise : Novapierre Italie, Eurion, LF Les Grands Palais, PH Hospitalité Europe, Interpierre Europe Centrale, Optimale, Iroko Zen. Au 30 septembre, le secteur dénombrait quelque 857 227 souscripteurs, contre 797 927 un an auparavant.

Un marché plutôt résilient, donc : « L’année 2020 a été chahutée, mais il y a eu une très grande transparence des sociétés de gestion, peu de retraits et de la collecte », selon Jonathan Dhiver. Pas question cependant pour ce professionnel de se bercer d’illusions. Il s’attend à une année 2021 compliquée pour les gérants, alors que les SCPI auront maille à partir avec la crise économique : « Il y aura des renégociations de loyers, des entreprises qui feront faillite » prévient-il. Des ajustements et turbulences qui pèseront logiquement sur les taux de distribution, sans pour autant remettre en cause l’attractivité des rendements de ces supports de la pierre papier, qui restent à ce jour toujours largement supérieurs à ceux des placements sans risque.