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Épargnées par la crise, les SCPI ont servi un bon rendement en 2020 !

La performance moyenne des SCPI a atteint 5,30% l’an dernier, en incluant la variation du prix de la part.

SCPI

Résilience confirmée officiellement pour la pierre papier. En 2020, les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont comme prévu fait fi de la crise pour générer un taux de distribution (DVM) attractif de 4,18%, selon les statistiques Aspim-IEIF. C’est à peine moins bien que les 4,40% délivrés par ces véhicules en 2019, lorsque la conjoncture était au beau fixe. La clé de cette rémunération pérenne ? Des impayés très contenus, grâce aux efforts constants des gérants de ces fonds de la pierre papier pour recouvrer les loyers. Les locataires les plus impactés par la crise (commerçants, restaurateurs, hôteliers) ont été accompagnés, par le biais d’octrois de franchises ou de reports d’échéances, et ce dès le début de la pandémie. De manière plus anecdotique, certaines SCPI ont aussi puisé dans leurs réserves (report à nouveau) pour maintenir un bon niveau de distribution de dividende. Un geste qui traduit leur confiance en l’avenir.

Performance globale de 5,30%

Autre motif de satisfaction pour les associés de SCPI : la variation du prix moyen de part (VPM) a progressé de 1,12% en 2020. Une évolution sensiblement identique à celle de l’année précédente (+1,20%). En réalité, les revalorisations de prix sont intervenues en début d’année, donc avant l’épidémie. Au cours du second semestre, les prix de parts sont globalement restés stables, en lien avec l’évolution moins favorable des valeurs d’expertise des actifs au 31 décembre. Au global, la performance des SCPI (DVM + VPM) atteint 5,30% en 2020, en baisse de 30 points de base. Le cataclysme annoncé en milieu d’années par les Cassandre n’a donc pas eu lieu.

Par comparaison, les OPCI grand public ont basculé dans le rouge en 2020 (-1,54%, selon l’indice IEIF OPCI), pénalisés par leur poche financière (foncières cotées, notamment). Le prix des parts a reculé de 2,87%, tandis que le rendement moyen courant de ces produits est ressorti sur des niveaux indigents (1,33%).

Une chute de la collecte à relativiser

Ce bilan annuel des SCPI ne serait pas complet sans mentionner l’évolution de la collecte de ces produits. Celle-ci a reculé de 29,5% à 6,03 milliards d’euros. Mais peut-on parler de contre-performance ? Pas tout à fait puisque la collecte de 2020 constitue la troisième meilleure de l’histoire des SCPI. Or, durant des semaines, les contraintes engendrées par la crise sanitaire ont mis des bâtons dans les roues des distributeurs, du moins ceux qui ne sont pas passés au tout-digital. Il convient de noter à ce propos que les conseillers en gestion de patrimoine restent les principaux prescripteurs de ces produits. Côté capitalisation, les SCPI ne cessent de grossir avec un poids cumulé de 71,4 milliards d’euros au 31 décembre 2020 pour ces fonds dédiés à l’immobilier d’entreprise, en hausse de 9%.

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Des bases solides pour 2021

Après avoir surmontées le choc des premières et deuxièmes vagues du Covid-19, les SCPI abordent la nouvelle année avec sérénité. Hormis les SCPI hôtelières et certaines SCPI de commerce, la plupart de ces fonds peuvent se prévaloir de fondamentaux solides (faible endettement, grande mutualisation des risques grâce à la diversité des actifs et des locataires, baux longs, taux d’occupation élevés…) et devraient profiter des arbitrages des Français dans leur épargne au profit des placements offrant le meilleur compromis rendement/volatilité. Tournées vers l’avenir, les SCPI continuent à investir (8,4 milliards en 2020, soit davantage que la collecte), en ciblant de plus en plus l’étranger (40% déjà en 2020). Une tendance qui risque de s’accentuer cette année, sur fond de recherche de diversification géographique accrue.