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Immobilier : les épargnants se ruent vers les SCPI

La collecte de ces véhicules stars de la pierre papier s’achemine vers un nouveau record en 2022.

SCPI

Les fonds immobiliers grand public se portent bien. Très bien même, si l’on considère les dernières statistiques publiées par l’organisation professionnelle Aspim et l’IEIF. Au troisième trimestre 2022, la collecte nette de ces produits – qui incluent les SCPI, les sociétés civiles distribuées en unités de compte pour les contrats d’assurance vie et les OPCI – s’est élevée à 3,4 milliards d’euros, en augmentation de 50% par rapport à la même période de 2021. Cette dynamique commerciale est d’ailleurs supérieure à celle du troisième trimestre 2019, lorsque les souscriptions avaient atteint 3,3 milliards d’euros. A noter qu’en cumul entre le 1er janvier et le 30 septembre 2022, le montant collecté par ces fonds s’élève à 11,6 milliards d’euros, en hausse de 48%.

2022, une année record pour les SCPI

Au sein de la pierre papier, les SCPI accaparent toujours la plus grande part des flux de souscriptions. Dans le détail, elles ont recueilli 2,3 milliards d’euros de collecte nette au troisième trimestre (+47%), portant à 7,5 milliards d’euros le montant engrangé depuis le début de l’année. Sauf cataclysme, on peut affirmer que 2022 s’inscrira dans les annales comme le nouveau millésime de référence pour les SCPI, alors que le précédent record avait été enregistré en 2019 avec un volume de 8,6 milliards d’euros collectés par ces véhicules d’investissement. Les affres de la crise sanitaire sont définitivement effacées…

La SCPI, un rempart contre l’inflation

Pour expliquer l’engouement des épargnants pour cette classe d’actifs, plusieurs raisons peuvent être avancées. La principale tient sans doute à la robustesse des SCPI : leur taux de distribution moyen n’a pratiquement pas flanché en 2020, pour se situer à 4,18%, avant de remonter à 4,49% en 2021, selon les indices Aspim-IEIF. Et il progresserait encore cette année. En outre, ce placement est identifié (à juste titre) comme une protection contre l’inflation. Grâce à l’indexation des loyers sur des indices prenant en compte la hausse des prix à la consommation, les rendements des SCPI devraient progresser à l’avenir. Dernier facteur expliquant l’envolée de la collecte, plus technique celui-là : la remontée des taux d’intérêt. Le renchérissement du coût des emprunts a sans doute précipité les décisions d’investissements des épargnants qui achètent des parts de SCPI à crédit, engendrant un effet d’aubaine pour les sociétés de gestion.

La SC, un placement qui monte

En marge de l’essor des SCPI, dont la capitalisation atteint 86,5 milliards d’euros, on soulignera aussi la bonne dynamique à l’œuvre dans les Sociétés civiles (SC). En collectant 1 milliard d’euros au troisième trimestre, ces supports d’unités de compte confirment leur essor. Au 30 septembre, l’actif net des SC s’élève à 23 milliards d’euros, soit un poids supérieur à celui des OPCI (20,6 milliards d’euros à la même date).

Message de prudence

Si l’heure est apparemment à la satisfaction, les professionnels se veulent malgré tout prudents, alors que les nuages sur la conjoncture ne seront pas sans conséquences sur les décisions des épargnants. « En dépit des très bons niveaux de collecte actuels, globalement supérieurs aux volumes d’avant crise sanitaire, les gérants sont très attentifs aux conséquences possibles de l’inflation et de la remontée des taux d’intérêt sur les différents marchés immobiliers en France et en Europe », commente Jean-Marc Coly, président de l’Aspim.