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L’immobilier ancien a résisté à l’épreuve du Covid

Bien qu’il ait évolué dans une situation atypique en 2020, le marché a résisté malgré la crise sanitaire, selon Laforêt, premier gros réseau à communiquer cette année.


L’immobilier ancien aura traversé l’année 2020 sans trop de casse. Même s’il a évolué sur un faux rythme, après avoir été « gelé pendant le premier confinement, euphorique à la reprise, puis ralenti de nouveau en novembre », selon le bilan annuel de Laforêt. Les prix sont ainsi restés sur une tendance haussière sur un an. Ils affichent +4,1 % au niveau national, malgré une accalmie au deuxième semestre. Les maisons ont été les biens les plus convoités, leur prix ayant augmenté davantage (+5,3 %) que celui des appartements (+3 %).

Dans le détail, Paris s’est relativement stabilisée après les années antérieures, à 10.588 €/m² (+4 %), « loin du décrochage » attendu ou redouté par certains. Même phénomène en Île-de-France, avec une augmentation mesurée de 4,6 %, à 4.336 €/m². En région, la hausse s’est située à 4,3 %, pour un m² à 2.238 euros. « Toutefois, certaines métropoles voient leurs prix dépasser des plafonds symboliques » d’après Laforêt. Lyon enregistre ainsi sur 12 mois une hausse de 7,7 % pour atteindre un prix moyen du m² de 5.051 €, Marseille progresse de 6,5 % à 3.045 €/m². Dans une moindre mesure, l’inflation a aussi gagné Bordeaux (+1,5 % à 4.408 €/m²).

La demande a quant à elle augmenté de 1% sur un an, et les régions enregistré une progression importante de 6 % par rapport à 2019, y compris les zones rurales. « La mise au vert est redevenue une aspiration des Français, qu’il s’agisse d’acquérir une résidence principale ou secondaire. Ainsi, les régions comme la Normandie ou la Bretagne, situées à moins de 2 heures de transport de Paris, ont clairement bénéficié d’un surcroît d’intérêt » selon le réseau. Ce besoin de se mettre au vert n’a cependant pas empêché certaines villes de bénéficier du mouvement. Le phénomène a été constaté également autour des grandes métropoles comme Bordeaux, Lyon et Marseille.

Demande en baisse de 8% à Paris

La capitale a cependant bel et bien marqué le pas, avec une demande en baisse de 8%, de même qu’en Île-de-France (-3%). Une situation, pour Laforêt, « principalement liée aux périodes de confinement durant lesquelles les Parisiens et Franciliens de la première couronne sont partis se mettre au vert ». Reste que si le nombre d’acheteurs a baissé, « le rapport entre l’offre et la demande reste encore fortement déséquilibré » selon le réseau, qui note que les acquéreurs déjà positionnés sont par ailleurs « plus décidés que jamais à conclure leurs projets ». Mais que l’on ne s’y trompe pas : au plan national, l’intérêt des Français s’est clairement porté sur les maisons (+10 %), alors que la demande a régressé pour les appartements (-9 %).

Résultat : le volume de transactions affiche une baisse de 6%, après une année 2019 historique. Sans surprise, Paris, affiche le plus fort repli (-14 % des volumes de transactions), suivi par l’Île-de-France (-10 %), tandis que les régions n’accusent un retrait que de 5 %. Un recul que le réseau estime « certainement lié à la conjoncture sanitaire. On observe ainsi que dans la capitale les principes fondamentaux restent intangibles : un logement sans défaut majeur se vend toujours vite et cher ». Enfin, du côté des délais de vente, il fallait compter une journée de plus en 2020 au plan national (89 jours).

Incertitudes pour 2021

Malgré tout, on reste loin de l’effondrement. « Contre toute attente, le marché de l’immobilier ancien est resté solide et 2020 se hisse, malgré la conjoncture, parmi les meilleures années », selon le réseau qui constate que « les prédictions d’exode vers la province ou d’envie d’une résidence secondaire ne se sont pas traduites dans les faits ». Quant à 2021, les paris sont ouverts. L’épargne que les Français ont massivement constituée cette année pourrait être un « solide vecteur de reprise », et ce « surtout si celle-ci s’accompagne d’une campagne de vaccination réussie, juge Yann Jéhanno, président de Laforêt immobilier. Reste l’incertitude liée à l’efficacité des mesures de soutien mis en place par l’État et à l’impact du plan de relance qu’il est à ce jour difficile d’évaluer. Trop d’inconnues subsistent donc pour déterminer avec certitude l’évolution du marché immobilier », selon le patron de Laforêt, qui estime que le premier trimestre de 2021 « sera décisif »