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L’immobilier traverse la crise sans encombre

Si la pandémie a modifié le secteur de l’immobilier, le déséquilibre entre l’offre et la demande perdure. Ce qui a engendré une dynamique positive sur le marché de l’ancien.

Les constats des professionnels de l’immobilier se suivent et se ressemblent. Alors qu’en mars dernier, les observateurs étaient nombreux à pronostiquer des lendemains difficiles pour la pierre, force est de constater que quelques mois plus tard, le cataclysme promis n’a pas eu lieu. Au contraire, Century 21 France dresse, dans son dernier bilan annuel, un état des lieux plutôt rassurant pour le marché de l’ancien. En 2020, le leader des transactions dans l’Hexagone, fort de 915 agences, a vu ses ventes fléchir de seulement 12,1%. Un moindre mal alors que le volume de transactions aurait dû mécaniquement s’effondrer de 25%, au regard des douze semaines d’interruption complète ou partielle de l’activité (premier et deuxième confinement). « Les mois de juin et juillet ont été euphoriques, voire frénétiques », avance, en guise d’explication Laurent Vimont, président du premier réseau d’agences national.

Des hausses de prix toujours vigoureuses, y compris en région

Constat encore plus réjouissant pour les prix qui, après avoir flambé en 2019, ont de nouveau crevé les plafonds l’an dernier. En moyenne, sur 2020, ils ont atteint quelque 2.193 euros pour les maisons en France, en hausse de 4,1% sur 12 mois, et même 3.682 euros pour les appartements, selon Century 21. Sur ces deux segments, les tarifs ont ainsi gravi de nouveaux records à l’échelle nationale. La progression a été vigoureuse à Paris (+ 5,3% à 10 599 euros) tandis que la hausse des prix est encore plus forte dans les départements franciliens : +6,2% pour les maisons et +8% pour les appartements. Ailleurs, l’inflation a été de mise dans toutes les régions avec cependant de grandes variations allant de +0,7% pour les maisons en Auvergne-Rhône-Alpes à +10% pour les maisons dans les Pays de la Loire et en Bretagne.


« Le marché immobilier ancien est miraculé », se félicite Laurent Vimont, président de Century 21 France. Pour ce fin observateur du marché immobilier, le secret de cette résilience est à chercher dans la conjugaison d’un phénomène structurel, la pénurie de logements (laquelle est évaluée entre 500.000 et 800.000 habitations) et, celui plus conjoncturel (mais appelé à perdurer) de la faiblesse des taux, qui solvabilise les candidats à l’acquisition, quand bien même si le durcissement des conditions d’octroi de crédit prive certains profils de financement pour leur projet.

Le Covid-19 change la donne

S’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives, Century 21 a observé de nouveaux phénomènes et comportements en 2020, en lien avec la crise sanitaire. Il ressort notamment que les Français ont acheté plus grand, cristallisant le désir d’espace né du confinement. Jamais la superficie moyenne d’une acquisition n’a été aussi importante : 116,9 mètres carrés pour une maison et 58,7 mètres carrés pour un appartement. Dans cette même logique, les maisons ont eu davantage la cote que les appartements. A titre d’illustration, le nombre de ventes sur ce segment n’a reculé que de 6,5%, contre une baisse de 22,3% pour l’habitat collectif. Enfin, à l’encontre du discours souvent relayé dans la presse, l’investissement locatif a eu le vent en poupe, pour représenter près de 30% des transactions. Un niveau inédit qui illustre le rôle de valeur refuge de la pierre pour les épargnants.

Optimisme pour 2021

Qu’adviendra-t-il pour l’ancien en 2021 ? A cette question, Laurent Vimont répond avec un certain optimisme, invoquant des fondamentaux solides pour ce marché : « l’immobilier résiste, envers et contre tout. Les Français s’ajustent, s’adaptent et rebondissent, profitant des taux bas pour concrétiser leur rêve : la pierre, symbole de stabilité quand la Bourse s’agite, de sécurité pour la famille quand les repères s’étiolent, de valeur refuge quand l’avenir s’obscurcit », indique-t-il. Et de conclure : « le seul élément qui pourrait dérégler le marché, c’est une remontée des taux ». Un changement de paradigme qui s’annonce peu probable.