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Immobilier : la tendance à l’essoufflement des prix se confirme

La tendance est pour l’heure à la stabilisation du marché à Paris et dans les plus grandes métropoles de France, selon Meilleurs Agents.

prix immobilier

Si les prix ont globalement poursuivi leur ascension depuis le début de la crise sanitaire, Meilleurs Agents confirme depuis la rentrée « un changement de tendance orientée vers une stabilisation ». Alors que la période haussière observée début 2020 s’est poursuivie sur tout le territoire à la sortie du premier confinement et tout au long de l’été (+0,7% à Paris, +1,9% dans les dix plus grandes agglomérations, +1,5% dans les cinquante plus grandes villes et +0,7% en zone rurale entre le 1er mars et le 1er septembre 2020), « elle connaît en effet depuis septembre un net ralentissement » selon le site.

Les zones dynamiques les plus touchées

Ainsi, le tassement des prix échappe pour le moment aux zones rurales, mais pas à celles qui étaient jusqu’à présent les plus dynamiques, comme Paris. En effet, entre le 1er septembre 2020 et le 1er mars de cette année, la capitale a enregistré un recul de ses tarifs de 2,5%. Même constat du côté des dix plus grandes métropoles qui ont elles aussi vu leurs prix se stabiliser (-0,1%). Quant aux cinquante plus grandes villes de France, si les prix sont encore en progression depuis la rentrée, leur rythme de croissance a nettement diminué (0,3% depuis septembre, soit 1,2 points de moins qu’au cours des six mois précédents), ajoute le site. Toutefois, « certaines villes continuent malgré tout à progresser même si la pression haussière est un cran au-dessous de ce que pouvait laisser augurer l’euphorie des premiers mois de 2020. C’est le cas de Strasbourg, Rennes, Nantes et Lille », commente Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents.

Érosion de la demande

Plus ou moins marqué selon les communes, cet essoufflement des prix constaté au cours des six derniers mois s’explique par l’érosion progressive de la demande depuis un an. L’excédent de demande observé après le premier confinement, avec notamment la reprise des projets mis en attente, a « permis au marché de connaître un sursaut d’activité dès mai et, par là-même, une pression haussière sur les prix, le stock d’acquéreurs s’est peu à peu amenuisé ». De quoi rééquilibrer le marché entre vendeurs et acheteurs. Et désormais, dans la plupart des grandes métropoles, Paris en tête, la tension immobilière atteint à l’heure actuelle un ratio proche d’un acheteur pour un vendeur. La défiance des ménages face à l’incertitude des prochains mois pourrait en partie expliquer cette tendance.

A l’approche du printemps, saison traditionnellement extrêmement dynamique pour l’immobilier, le marché devrait être « un peu plus morose qu’à l’accoutumée ». Pour autant, l’activité devrait se maintenir à des niveaux relativement élevés, notamment grâce à des taux de crédit toujours très bas. Les hauts niveaux d’épargne accumulée par les ménages en 2020 – 200 milliards d’euros au cours de l’année – pourraient enfin rehausser l’apport personnel.