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Prix de l’immobilier : le ralentissement se confirme à Paris, contrairement à la province

Les notaires restent confiants quant à la résilience du marché immobilier, avec une hausse notable des prix des maisons dans les villes de province.

Les prix de l’immobilier continuent de marquer le pas dans la capitale française. Ainsi, le ralentissement a commencé dès le 3e trimestre 2020, précisent les notaires dans leur note de conjoncture, et il se poursuit : les prix des appartements anciens sont passés de 10.850 euros le mètre carré en novembre dernier à 10.600 euros en avril 2021 à Paris. La tendance serait la même dans la petite et la grande Couronne dans les prochains mois. En Ile-de-France, en revanche, les prix continuent nettement d’augmenter sur un an, de 6,4% entre le 4e trimestre 2019 et le dernier de 2020. Idem pour les prix de l’immobilier en province : quasi tous les départements affichent des prix médians en hausse, affirment les notaires, pour les appartements comme pour les maisons.

Une tendance qui se retrouve dans la majorité des plus grandes villes : les prix des appartements n’y baissent pas, et les prix médians de l’habitat individuel poursuivent leur hausse dans les grandes agglomérations. C’est le cas à Montpellier, Marseille, Aix-en-Provence et Pau, où ils sont en hausse respectivement de 9%, 7% et 6% au 4ème trimestre 2020. Ils y baissaient légèrement au trimestre précédent. C’est à Saint-Etienne que ces prix augmentent le plus, de 14% !

Projections à fin mai 2021

Les notaires ont aussi établi une évaluation des indicateurs avancés basés sur les avant-contrats en France métropolitaine, avec une projection à fin mai 2021. La hausse annuelle des prix des maisons en province serait de 6,3%, restant donc très dynamique. Les prix des appartements anciens en revanche évolueraient sur un an de 3,2% seulement à fin mai 2021, contre 6,3% au 4e trimestre 2020, soit « un net ralentissement de la hausse annuelle des prix des appartements », comme en Ile-de-France, notent les notaires. A Bordeaux, les prix des appartements afficheraient une nette baisse à la fin du mois de mai 2021, de 5%. Les prix de l’immobilier fléchiraient fortement à Rennes, mais ils se maintiendraient en hausse à Nantes, Montpellier, Caen, Rouen, Grenoble et enfin, Toulouse. Du côté des maisons, ce sont les agglomérations de Lyon et du Havre qui connaîtraient un ralentissement, tout en continuant à augmenter.

Certaines villes moyennes attireraient fortement de nouveaux habitants depuis un an et verraient donc leurs prix accélérer fortement : c’est le cas d’Angers, selon les notaires. La ville « n’a pas connu de hausse de prix des appartements inférieure à 20 % depuis le 1er trimestre 2020 », souligne la note. Autre exemple, Caen, « qui affiche une hausse des prix de ses appartements de 11 % sur 2020, tendance qui semble se confirmer sur le premier semestre 2021 ».

Forte inquiétude sur le neuf

Les notaires s’inquiètent en revanche de la situation du marché immobilier du neuf. La baisse des autorisations de 16,3%, soit 377.600 logements autorisés au cours des douze derniers mois, ainsi que le recul des mises en chantier de 11,3% soit 44.000 logements en moins, sont des indicateurs négatifs, tout comme la chute des ventes, avec 26.605 réservations, soit près un quart de moins au 4ème trimestre 2020 comparé à l’année précédente. « Sur l’année 2020, 31.500 logements de moins qu’en 2019 auront été réservés, soit -24,1 % », précise encore la note de conjoncture. Les notaires appellent à une « politique publique vigoureuse d’aide à la construction ».