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Luxe : le boom des résidences secondaires, l’autre effet-covid

Sotheby’s International Realty enregistre « la plus grande activité dans les marchés secondaires depuis 20 ans ». La tendance est au rajeunissement de la demande, selon le spécialiste du haut de gamme.

Villa à Royan. Pixabay
Villa à Royan. Pixabay

Le marché des résidences secondaires et autres pied-à-terre a été porté par la crise du Covid. Dans le contexte de la pandémie, Sotheby’s International Realty France – Monaco note un regain d’intérêt considérable pour la belle pierre hors des métropoles. Si le marché des résidences secondaires a longtemps souffert de la fiscalité, il s’est redressé avec la crise. Le spécialiste du luxe enregistre ainsi « la plus grande activité dans les marchés secondaires depuis 20 ans ».

Un mouvement entamé au lendemain de la précédente élection présidentielle, mais qui s’est accéléré avec la crise. « Il y a eu une petite reprise depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Juste avant la crise sanitaire, les marchés des résidences secondaires avaient commencé à rattraper un peu leur retard par rapport à Paris et aux grandes métropoles, et ce développement a connu un boost incroyable accéléré avec la crise sanitaire », explique Alexander Kraft, Président – directeur général de Sotheby’s International Realty France – Monaco.

L’essor du télétravail

Mais c’est aussi l’effet du télétravail qui se confirme sur le segment de la résidence secondaire. « Pendant le confinement, les Français ont constaté que le télétravail fonctionne : ils sont en train de repenser leur style de vie en conséquence », note Alexander Kraft. Un constat surtout valable pour les jeunes acquéreurs, selon le responsable.

Cette nouvelle clientèle est âgée de 30 à 40 ans, contre 50 à 70 habituellement dans ce marché. Il s’agit d’une génération « qui a beaucoup bougé (génération Erasmus), mais aussi beaucoup profité d’Airbnb au cours de ses vacances, qui souvent ne veut pas la même résidence secondaire que celle de ses parents mais qui redécouvre les avantages d’en avoir une », poursuit le DG de Sotheby’s. Autre particularité : « Contrairement à leurs parents, ils recherchent beaucoup moins de projets à rénover, et désirent un bien prêt à être habité ». Ils ciblent les biens avec des chambres pourvues de leur propre salle de bains, de cuisines ouvertes, avec piscine, mais aussi qui ne sont pas isolés.

Retour au marché français

Enfin, autre tendance notable, un intérêt croissant pour les propriétés d’exception et très haut de gamme en province, et non plus en dehors des frontières françaises. « Les grandes familles de Paris, Bordeaux, Lille, Lyon ne recherchent plus sur les marchés étrangers pour les résidences secondaires mais redécouvrent leur propre pays, les régions toujours recherchés comme la Côte d’Azur mais aussi des marchés secondaires plus discrets », ajoute l’expert. Qui plus est, si la pénurie de biens de luxe à vendre guette en ville, l’abondance règne en matière de résidences secondaires. « Avec un grand choix de propriétés, des prix raisonnables, et des vendeurs motivés du fait que certains biens soient sur le marché depuis un moment, le moment ne pourrait être mieux pour se lancer dans l’achat de sa résidence secondaire. », conclut Alexander Kraft.