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Immobilier : quelles marges de négociation à l’achat ?

La capacité des acquéreurs à négocier le prix en vue de conclure avantageusement une transaction immobilière varie beaucoup d’une ville à une autre, et d’un quartier à un autre, révèle une étude concoctée par Yanport.

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Crédit : iStock.

A l’ère du Covid-19, quelles sont les possibilités, pour un acheteur, de faire baisser le prix de vente d’un bien immobilier ? En combinant les données d’annonces immobilières et celles des demandes de valeur foncière (DVF) produites par la direction générale des Finances publiques, le spécialiste des données immobilières dans le résidentiel Yanport est parvenu à fournir une réponse précise, déclinée sur cinq grandes villes : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux et Nantes. Deux grands enseignements émergent de cet exercice. Premièrement, les marges de négociation sont moindres en centre-ville qu’en périphérie des communes étudiées. Deuxièmement, de grands écarts séparent les villes entre elles et les secteurs entre eux. Autant le savoir avant de faire une offre sur un bien, et ce afin d’évaluer au plus juste la proposition transmise aux propriétaires vendeurs.

A Paris, les vendeurs peu disposés à consentir des remises

Sans surprise, la Capitale est la ville où les marges sont les plus faibles. Sur les arrondissements où le marché immobilier est le plus tendu (tels les 10e, 11e, 12e, 14e, 15e et 17e), elles se situent en-dessous de 1%. Dans les autres arrondissements parisiens, ce chiffre peut se situer entre 2% et 4%. C’est le cas dans les 1er et 8e arrondissements, dans le nord-est du 18e vers Porte de la Chapelle, vers quelques secteurs dans le 6e notamment autour de Saint-Placide/Notre-Dame des Champs, ou encore à l’est du 13e dans les quartiers récents autour de la BNF, rapporte l’étude.

En province, Marseille offre un double visage

Négocier le prix d’un bien immobilier se révèle globalement plus facile dans les autres grandes villes françaises. Avec des écarts conséquents. En pratique, les offres à la baisse aboutiront moins facilement à Bordeaux, où les marges de négociations s’élèvent à 2-3% en moyenne, ou à Nantes (fourchette de 1 à 4%), qu’à Marseille. Certes, certains quartiers prisés de la Cité phocéenne comme Prado-Périer enregistrent des marges de négociations inférieures à 3%. Mais, dans d’autres secteurs de Marseille, ces marges dépassent fréquemment les 10% (dans les 14e, 15e et 16e arrondissements), atteignant même plus de 15% dans les secteurs les moins recherchés par les acquéreurs.

A Lyon, les vendeurs gardent globalement la main

Dernière ville analysée par l’étude de Yanport, la Cité des Gaules apparaît également très fortement sectorisée, avec malgré tout quelques opportunités pour les acquéreurs prêts à s’excentrer. Avis aux acquéreurs : le 5e arrondissement, et plus précisément le quartier de La Plaine-Charcot offre une latitude de négociation de 7,9%. Pour aller au-delà en termes de remises, mieux vaut prospecter vers le quartier Saint-Rambert, dans le 9e (marge constatée de 10,7%, ou vers La Plaine, dans le 8e, où les prix de vente généralement constatés se situent en moyenne 12,4% sous le tarif affiché dans l’annonce. Mais ces quartiers relèvent de l’exception. Car, dans le le centre (1er, 3e, 4e, 6e), où le marché est toujours très tendu, la marge de négociation est quasi nulle et les biens se vendent en général au prix.