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Crédit immobilier : le montant emprunté augmente fortement au deuxième trimestre 2021

Le taux d’apport est également en progression, ce qui laisse penser que les conditions d’accès aux emprunts est plus difficile.

assurance emprunteur

L’accession à la propriété risque d’être plus difficile. C’est le constat dressé par CAFPI : les montants empruntés ont fortement augmenté au deuxième trimestre 2021 ainsi que le taux d’apport, indique l’expert en crédits dans un communiqué du 15 juillet. Ainsi, le montant emprunté a augmenté de 2,3% pour les primo-accédants par rapport au premier trimestre 2021, pour un montant moyen de 235.530 euros. Pour les secundo-accédants, il est en hausse de 4,8%, soit 392.199 euros empruntés en moyenne, et enfin, de 3,8% pour les investisseurs locatifs, soit un montant de 203.803 euros en moyenne.

Concernant le taux d’apport, il a aussi connu une forte augmentation pour les emprunteurs en résidence principale, précise encore CAFPI : de 0,5 point pour les primo-accédants, soit un taux de 16,6%, et de 1,4 point pour les secundo-accédants, soit 20,7%. « Cette hausse du montant emprunté peut s’expliquer par le désir des Français d’acheter plus grand, ou tout au moins, de ne pas perdre en surface, alors que les prix immobiliers poursuivent leur progression », commente Philippe Taboret, directeur général adjoint de CAFPI. Les acheteurs privilégieraient le bien à la localisation selon lui.

« Exclusion des emprunteurs plus fragiles »

« En revanche, la hausse du taux d’apport est un signe de la sélection des meilleurs dossiers par les banques. C’est sur cette donnée que nous pouvons dire qu’il y a une exclusion des emprunteurs plus fragiles, qui ont en général un patrimoine moins important », écrit Philippe Taboret dans le communiqué. De nombreux primo-accédants seraient exclus en raison de la disparition de l’emprunt à 110% et des emprunts sur 30 ans.

De plus, les prêts dont la durée est supérieure à 20 ans sont plus nombreux, notamment les plus de 25 ans. Une hausse due à la décision du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) « d’augmenter le volume de dérogations aux mesures », soit de 15% à 20%. Cela profite aux meilleurs profils, selon CAPFI, qui ne présentent « aucun risque pour les banques ». L’expert en crédit immobilier craint un essoufflement du marché, surtout si le HCSF durcit les conditions d’accès au crédit immobilier et que l’inflation et la reprise économique entraînent un retour à la hausse des taux d’emprunt. Sans oublier le manque d’offres qui tirent les prix des biens vers le haut.