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Immobilier : Paris brûle-t-il ?

En légère baisse depuis un an, les prix au mètre carré des logements dans la Ville Lumière montrent désormais quelques velléités de reprise, selon les Notaires du Grand Paris.

Crédit: iStock.

Délaissé depuis le début de la crise sanitaire, l’immobilier parisien pourrait bien retrouver quelques couleurs. C’est en tout cas ce qu’anticipent les notaires du Grand Paris. Sur la base des avant-contrats dont ils disposent, ils prévoient un prix moyen de 10 770 euros le mètre carré dans la capitale en octobre 2021, à comparer à un tarif moyen de 10 650 euros en juin, soit une hausse de 1,1 % sur quatre mois. Malgré tout, le prix au mètre carré moyen resterait en recul de 0,8 % sur douze mois glissants (d’octobre 2020 à octobre 2021). Pas de quoi parler d’un regain de tendance haussière, donc, mais plutôt d’une oscillation, selon Thierry Delesalle, notaire à Paris.

Les investisseurs à l’affût d’opportunités

Selon ce professionnel, porte-parole des notaires du Grand Paris, cette légère reprise est attisée par un retour des investisseurs, attirés par la « pierre sécurité », voire la « pierre coffre-fort » dont la capitale est le symbole. « Le phénomène n’est cependant pas comparable à la vague de 2011 », précise-t-il, alors que la crise financière d’il y a dix ans avait remis sur le devant de la scène les placements refuges. Un autre facteur invite à l’optimisme les notaires : le probable retour des étrangers non-résidents, qui ne pèsent plus que 1,8 % des acheteurs à Paris aujourd’hui, pandémie oblige. Si ce chiffre venait à doubler, cela pourrait tirer le marché à la hausse, estime Thierry Delesalle.

Fin de la baisse


De son côté, Meilleurs Agents constate une stabilisation des prix à Paris après des mois difficiles : « les tarifs intra-muros ne diminuent plus depuis le printemps et l’Indice de Tension Immobilière (ITI) rebondit à 11 % après avoir été au plus bas en décembre 2020 à 4 % (rappelons qu’à plus de 5 %, cet indicateur reflète un marché dynamique), indique la plateforme d’estimation des prix. Quant aux niveaux de négociation, certes plus élevés qu’avant la pandémie, ils se stabilisent depuis le début de l’année avec 28 % des transactions qui se font toujours au prix. » Résultat, la probabilité de voir Paris repasser à moyen terme sous les 10 000 euros le mètre carré est faible, estime Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents.

Les arrondissements du nord tirent leur épingle du jeu


Un coup de projecteur sur les évolutions de prix dans Paris intra-muros fait ressortir une certaine hétérogénéité en fonction des secteurs. En juin 2021, sept arrondissements enregistraient des baisses annuelles de plus de 1 %, dont le seizième, qui détient la palme de la plus forte érosion (-2,7 %). Et pour cause : les appartements familiaux (cinq pièces et plus), où se concentrent les plus fortes négociations, y sont plus nombreux. A l’inverse, trois arrondissements enregistrent des hausses supérieures à 1 % sur la même période (juin 2021 comparé à juin 2020) : les 5e, 18e et 19e. Il est vrai que dans ces deux derniers, situés au nord de la capitale, certains quartiers figurent parmi les moins chers de Paris.