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40 ans du TGV : un impact visible sur les prix de l’immobilier

En rendant les villes de province plus accessibles depuis Paris, le TGV a contribué à leur attractivité, avec pour effet de booster le marché de l’immobilier.

sncf
Credit: ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le 22 septembre 1981, François Mitterrand, alors président de la République, donnait le coup d’envoi du Train à Grande Vitesse (TGV) en France, avec un premier trajet reliant Paris à Lyon. Quarante ans plus tard, le développement du réseau a profondément modifié les habitudes de déplacements des Français, en permettant notamment de réduire la distance entre les villes de province et la capitale. Avec pour effet collatéral, dans les villes desservies, de contribuer à une augmentation des prix de l’immobilier.

Rennes illustre le plus ce phénomène, en dehors de sa croissance démographique et de son activité économique, qui participent à son attractivité. Ces cinq dernières années, la ville a vu les prix de son marché immobilier augmenter de 53%, le temps de trajet depuis Paris en TGV ayant été réduit à un peu moins d’une heure et demie, rapporte Le Parisien. Même constat à Dijon, 1h33 pour le trajet le plus court, et à Orléans, moins d’une heure, où les prix ont augmenté de 16%. La ville de Reims, accessible depuis la capitale en 45 minutes, enregistre de son côté une progression de 19% en cinq ans, soit un prix au mètre carré de 2 300 euros. 

Le TGV, un critère pour le télétravail

D’autres villes, où l’inauguration du TGV a pourtant été plus tardive, ont connu le même essor. C’est le cas notamment de Tours, avec la ligne à grande vitesse desservant le Centre-Val de Loire, lancée en 1991, dix ans après le premier trajet Paris-Lyon. « Les prix ont triplé en 30 ans. Même si ça dépend grandement des quartiers, aujourd’hui dans le centre de Tours il faut payer en moyenne 2 800 euros le mètre carré », explique Vincent Briand, président du syndicat immobilier la FNAIM en Indre-et-Loire, cité par France Bleu

Plus au sud, dans le Vaucluse, il a fallu attendre 2001 pour voyager plus rapidement sur les rails. L’« effet TGV » n’en a pas moins été important, puisque les prix de l’immobilier ont bondi de 140% dans le département depuis l’ouverture de la ligne, indique le président des agents immobiliers de Vaucluse, Jonathan le Corronc Clady, à France Bleu. Et selon lui, la crise sanitaire pourrait installer sur le long terme une nouvelle tendance : « Il y a beaucoup de postes télétravaillables qui permettent à des cadres de déplacer leur logement. Etre sur Paris n’est plus une impérieuse nécessité de carrière. Dans leurs critères de recherche d’un logement, il faut être à 20 ou 30 minutes d’une gare TGV. »