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Immobilier en Ile-de-France : acheter un logement dans la région coûtait beaucoup plus cher en 2019 qu’en 1992

L’achat d’un logement est un lourd investissement aujourd’hui, particulièrement dans la région Ile-de-France, selon une étude.

Logements vacants - Paris
Crédit : iStock.

En un peu moins de trente ans, l’achat d’une résidence principale est devenu un investissement très lourd pour les ménages. Ainsi, il fallait quasiment six années de revenus (5,8 exactement) pour acheter un bien en 2019 en Ile-de-France, soit près de trois années (2,7) de plus qu’en 1992. C’est près du double, souligne l’Institut Paris région, qui a publié une note le 26 octobre dernier. C’est aussi six mois de plus qu’en 2013 : il fallait alors 5,3 années. Cette tendance peut s’expliquer par « la baisse historique des taux d’intérêt des crédits habitat […] combinée à une hausse continue des durées d’emprunt », précise l’agence régionale d’urbanisme. Début 2000, ces taux étaient à 5,59% en moyenne, pour baisser à 1,24% fin 2020. Les durées d’emprunt sont passées de 15,4 années en moyenne début 2004 à 21 années fin 2020. Ces deux facteurs ont « permis aux ménages d’augmenter leur solvabilité et de s’endetter toujours plus », ce qui a entraîné une hausse importante des prix de l’immobilier francilien.

Ainsi, le prix médian du mètre carré y est de 4.220 euros au premier trimestre 2021, précise l’Institut Paris région. L’Ile-de-France concentre 16,1% du parc de logements national et plus de 27% du total des encours français de crédits immobiliers. De nombreux foyers se retrouvent exclus de l’achat d’une résidence principale, faute de pouvoir emprunter, en raison d’un apport trop faible, d’une situation instable, etc. Un peu moins de la moitié des ménages (47%) sont propriétaires de leur logement dans la région en 2018, contre 58% dans toute la France. Et seulement 52% des accédants qui habitaient à Paris auparavant ont pu acheter un logement dans la capitale en 2019. Les autres habitants ont acheté dans la petite couronne, soit 40% d’entre eux, et 8% ont acquis un bien dans la grande couronne. Dans cette partie-là de l’agglomération parisienne, les accédants sont 85% à avoir acheté un bien là où ils résidaient auparavant, car les niveaux de prix sont plus abordables.

4.408 euros de revenus

En effet, les appartements coûtaient en moyenne près de 495.000 euros à Paris, contre 350.000 euros en petite couronne et 238.000 euros en grande couronne. Pour les maisons, le prix moyen en petite couronne est de 438.000 euros, contre 356.000 euros en grande couronne, soit 23% d’écart. Les revenus pour acquérir un logement doivent donc être plus importants à Paris, puisqu’ils sont plus chers. « Le revenu mensuel médian disponible des ménages franciliens acquéreurs de leur résidence principale s’élève à 4.408 euros » en 2019, précise encore la note, soit « 2,2 fois plus que le revenu médian de l’ensemble des ménages de la région (2.042 euros) »


S’éloigner du centre de Paris permet aussi de vivre dans un appartement plus grand : 70 mètres carrés en moyenne en grande couronne. C’est cinq mètres carrés de plus qu’en petite couronne et 21 mètres carrés de plus que dans la capitale. Les maisons aussi y sont logiquement plus vastes, soit 104 mètres carrés en moyenne, deux chambres de plus (21 mètres carrés) que dans la petite couronne.