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Immobilier : ces propriétaires qui préfèrent laisser leur logement vide et être taxés

Ne pas louer pour éviter les dégâts et les loyers impayés. C’est le choix de certains propriétaires face aux locataires indélicats. Illustration avec un chef d’entreprise qui préfère laisser deux appartements vides.

Crédit : iStock.

Plus de 400.000 logements sont inoccupés en Ile-de-France et dans l’Oise, dont plus de 108.000 à Paris. Parfois, les propriétaires laissent leur bien vide exprès. C’est le cas de Mohammed, 41 ans, qui témoigne dans Le Parisien le 5 novembre. Il a décidé d’arrêter de louer son appartement, car la dernière famille qui l’occupait l’a dévasté. « Cela faisait deux ans qu’ils ne payaient plus leur loyer faute d’emploi. J’ai tenté de résoudre le problème à l’amiable, j’ai multiplié les recommandés, j’allais lancer une procédure judiciaire lorsqu’elle a fini par abandonner mon domicile », raconte-t-il au quotidien. « Mais en partant, cette famille m’a laissé pour plus de 30.000 euros de travaux et réparations : fenêtres abîmées, portes enlevées, stores cassés, électricité et peintures à refaire… », déplore Mohammed, écœuré.

Ce propriétaire, chef d’entreprise à Evry (Essonne), a décidé de ne plus mettre son bien en location. Il n’était pas assuré en cas de dégradation. « C’est un investissement pour la retraite et un patrimoine à transmettre à mes enfants, mais c’est beaucoup trop d’ennuis à louer. Je préfère ne rien gagner, mais être tranquille, plutôt que de gagner de l’argent et être embêté », confie-t-il encore à nos confrères. Mohammed préfère donc payer la taxe sur les logements vacants (TLV), soit « à peu près deux fois le montant de la taxe d’habitation, environ 2.000 euros par an », précise-t-il. Pourtant, il estime que la TLV n’a pas de sens. « On nous punit avec une taxe alors qu’on en paie déjà en tant que propriétaire », s’énerve Mohammed, qui pense que les locataires sont mieux protégés et qu’il faudrait les responsabiliser.

Deux logements vides

Et même s’il a décidé de partir vivre ailleurs, le quarantenaire n’envisage pas non plus de louer l’appartement de 80 mètres carrés qu’il habitait dans le centre-ville d’Evry. « Il se louerait facilement, j’en suis conscient, mais je préfère le laisser vide. Et puis une location à distance, ce n’est pas facile, il faut être sur place et c’est une charge de travail pour un propriétaire seul », se justifie Mohammed. Il envisage de se faire accompagner par un spécialiste solidaire, Gestia Solidaire, mais pas tout de suite.