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Immobilier à Paris : un quart des logements proposés à la vente ou à la location sont des passoires thermiques

Le nombre d’appartements étiquetés F ou G sur l’échelle des diagnostics de performance énergétique (DPE) est très important à Paris. Ils représentent près d’un quart du parc privé parisien.

Paris
Crédit: iStock.

Les passoires thermiques sont très nombreuses dans la capitale française. Ainsi, près d’un quart (24%) des logements mis en vente ou proposés à la location sont étiquetés F ou G sur l’échelle des diagnostics de performance énergétique (DPE) selon une étude de Jinka, publiée par le JDD le 20 novembre. L’agrégateur de données immobilières a compilé les données des principales plateformes immobilières : les annonces publiées sur Leboncoin, SeLoger, Le Figaro, PAP ou encore Bien’ici ont été étudiées, entre le 1er septembre et le 10 novembre. Il y a encore plus de studios mal isolés : 29% des annonces, selon cette étude. « La proportion de passoires énergétiques est d’autant plus importante que la surface du logement est petite », commente le président de Jinka, Marc Lebel. De plus, ce sont les étages les plus élevés qui sont le plus concernés, soit à partir du 4e étage. « A Paris, où le bâti est plus ancien et les surfaces plus petites, le DPE pourrait défavoriser les locataires seuls et à petits revenus », estime l’expert. Selon le président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), Jean-Marc Torrollion, les logements classés G représentent « environ 15% » des 1,3 million de logements que compte Paris. Il s’agirait donc de près de 200.000 logements et c’est deux fois plus que ce que pensait la Fnaim. La Fédération craint une « tension catastrophique » sur le marché dans les années à venir.

Un des problèmes réside dans le fait que certains propriétaires ne peuvent (ou ne veulent) pas payer les travaux de rénovation énergétique, en particulier depuis le changement du DPE le 1er juillet dernier, relève le JDD. En effet, il est devenu opposable pour le vendeur ou le propriétaire bailleur, et non plus seulement informatif. Le document évalue la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre (GES) des logements. En cas de problème, le locataire, ou l’acheteur, peut réclamer une compensation financière. D’autres mesures sont prévues, notamment le gel des loyers des passoires thermiques à l’été prochain, dans le cadre de la loi climat et résilience. A partir du 1er janvier 2023, les logements étiquetés G et consommant plus de 450 kWh par mètre carré et par an seront interdits à la location. Ensuite, ce sera tous les logements classés G en 2025, puis ceux classés F en 2028 et enfin, les logements classés E en 2034. Ces mesures poussent donc les propriétaires à rénover rapidement. 

Des travaux beaucoup plus chers

Certains logements mal classés sont des appartements situés parfois dans des quartiers huppés de Paris, dans des immeubles haussmanniens, de prestige. Certains propriétaires, même à l’aise financièrement, doivent parfois payer très cher ces travaux. « Je suis tombé des nues quand j’ai découvert que mon confortable appartement était classé G », confie Arnaud au quotidien. Ce consultant indépendant en communication est le propriétaire d’un appartement de 40 mètres carrés dans le 9e arrondissement. Les travaux pourraient lui coûter entre « 9.200 et 13.800 euros » selon le DPE, mais ces coûts sont « dramatiquement sous-estimés », précise encore Arnaud. En effet, il affirme qu’ils devraient atteindre plus de 25.000 euros selon les experts consultés, pour refaire l’isolation des murs intérieure et celle des plafonds, par l’extérieur. Ce propriétaire doit aussi remplacer les fenêtres et la chaudière collective, sachant qu’en plus, certains travaux doivent être pris en charge par la copropriété. Arnaud fait aussi remarquer que certaines recommandations, comme celle de mettre en place un système solaire sur la toiture, « ne sont pas applicables à Paris ». 

« Le risque est grand que les propriétaires n’aient pas les moyens de mener les travaux et qu’ils ne louent plus ou ne respectent pas la loi », confie ce propriétaire, qui a interpellé les élus, à nos confrères. Rappelons que le dispositif MaPrimeRénov’ peut prendre en charge jusqu’à 40% du montant des travaux pour les plus aisés et les ménages à revenus moyens, et jusqu’à 90% pour les ménages les plus modestes. Mais le plafond est de 20.000 euros sur cinq ans.