Se connecter S’abonner

Immobilier : la flambée des prix sur les littoraux, indigeste au Pays basque

Le phénomène Airbnb, combiné à l’arrivée de nouveaux habitants du fait de la pandémie de Covid-19, font gonfler les prix de l’immobilier sur le littoral français. De quoi faire grincer les dents des locaux…

Crédit: iStock.

Le soleil et la mer attirent les touristes, les retraités et désormais les citadins télétravailleurs ou pas. En cinq ans, les prix de l’immobilier ont augmenté de 16% en Normandie, de 29% en Bretagne et de 26% en Nouvelle-Aquitaine. Dans cette région, les prix flambent de la Charente-Maritime aux Pyrénées-Atlantiques. Et c’est au Pays basque que l’exaspération est la plus forte. Elle s’est illustrée par des manifestations samedi 20 novembre.

A Biarritz, des groupes de militants écologistes et altermondialistes ont dénoncé dans Le Monde « une cité où il y a plus de logements que d’habitants et où pourtant se loger à l’année est devenu impossible ». En cause : la multiplication des meublés touristiques : 5 400, dont seuls 2 200 sont déclarés.

A Bayonne, un peu moins de 10 000 personnes ont défilé à l’appel d’un collectif d’organisations sociales, syndicales, politiques, associatives, de personnalités et d’élus. Ils ont brandi des pancartes « #Balance ton logement vide » notamment et secoué leur trousseau de clefs pour faire « un bruit sonnant comme une alerte ».

« Parce que le droit d’avoir un logement doit passer avant celui d’en avoir deux, nous devons lutter contre les résidences secondaires qui sont autant de toits confisqués à la population qui souhaite vivre ici », ont-ils expliqué, rapporte Le Figaro. Le collectif réclame que les propriétaires proposent un logement de longue durée pour chaque logement de courte durée.

L’immobilier inquiète de Saint-Jean-de-Luz à Granville

La tension immobilière s’accentue au Pays basque avec l’arrivée, chaque année, de 3 000 nouveaux habitants, de jeunes actifs plus que des retraités qui ont du mal à se loger. Même si « on ne sait pas encore quel est l’impact du télétravail qui a amené des Parisiens et Bordelais à passer davantage de temps dans leur deuxième logis », admet au Monde une agence immobilière de Bayonne. Mais « le mètre carré a atteint une moyenne de 4 250 euros, ce qui exclut un tiers des foyers », souligne l’office HLM de Bayonne.

En remontant le long de la côte atlantique, même problème. Les hausses des prix vont jusqu’à 15% aux Sables-d’Olonne (Vendée) et de 15 à 20% à La Baule-Pornichet (Loire-Atlantique). En Bretagne, le prix du mètre carré à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a augmenté de 14,5% en 2020, et de 39 % depuis cinq ans, selon les notaires, en partie grâce à une meilleure rentabilité lorsqu’on loue en courte durée. « Nous ne voulons pas devenir la Venise bretonne, désertée par ceux qui la font vivre », déclare au Monde Jean-Virgile Crance, premier adjoint au maire.

Ce week-end, des collectifs bretons ont appelé à se mobiliser contre « la spéculation immobilière, les locations par des groupes comme Airbnb et contre l’insalubrité de certains logements ». « Les personnes qui font vivre le territoire à l’année ne peuvent plus se loger, il est nécessaire de répartir les richesses et nous devons forcer les élus à aller dans cette voie », a lancé dans Presse Océan Ewan, coordinateur du mouvement. Une première manifestation avant d’autres actions dans les prochaines semaines.

Enfin, en Normandie, le maire de Granville (Manche), Gilles Ménard, a dénoncé, devant les caméras de France 3, « des investisseurs aujourd’hui qui achètent des lots entiers d’immeubles pour en faire des appartements exclusivement consacrés à la location touristique ». Il propose des quotas pour réguler.