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Crédit immobilier : la pause avant la hausse généralisée des taux en 2022 ?

Difficile de dégager une tendance claire sur le front des taux de crédit immobilier en décembre. Si les barèmes de certaines banques ont poursuivi leur remontée d’autres ont choisi de rester compétitives en abaissant les taux. Néanmoins, les signaux semblent converger vers une hausse l’an prochain.

Les taux de crédit bougent peu en cette fin d’année. Malgré quelques remontées dans les barèmes, certaines banques ont fait le pari de la compétitivité en abaissant les leurs. Ainsi, après un mois de novembre marqué par des augmentations de taux, de 0,05 point à 0,25 point, sur l’ensemble des durées et des profils, Vousfinancer note des taux moyens proposés stables à 1 % sur 15 ans, 1,15 % sur 20 ans et 1,40 % sur 25 ans. Et pour les meilleurs profils, des « niveaux records » en-dessous de la barre des 1% sur 25 ans. « Le contexte de taux record en 2021 a resolvabilisé les primo-accédants en permettant de compenser en partie les hausses de prix et limiter ainsi l’endettement des ménages souhaitant acheter », analyse ainsi Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer.

Une hausse qui se profile

Mais quid des mois à venir ? « Nous n’anticipons pas de grands mouvements de fond sur les taux des crédits immobiliers dans les mois qui viennent, affirme-t-on chez Capfi. La Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir sa politique actuelle de taux directeurs négatifs jusqu’à la résolution de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques. Ainsi l’OAT 10 ans qui avait atteint 0,22% en novembre est retombée à 0,15% au mois de décembre, rappelle le courtier. Un sentiment que l’on ne partage pas forcément ailleurs : « les remontées de taux, pour l’instant peu impactantes, se confirment, dans un contexte de prix élevés, certains emprunteurs pourraient ne plus pouvoir emprunter une somme suffisante sans augmenter soit leur endettement, soit la durée de leur crédit », selon Sandrine Allonier.

En outre, le passage de la recommandation du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) en « norme juridiquement contraignante » dans moins d’un mois risque de compliquer la donne, selon le courtier. Comme annoncé en décembre 2020 et confirmé en septembre 2021, la recommandation du HCSF de ne pas dépasser 35 % d’endettement et 25 ans de durée de crédit – avec une marge de flexibilité de 20 % – devient une obligation pour les banques dès le 1er janvier 2022. Des sanctions étant prévues pour celles qui ne sont pas dans les clous.

Points sensibles

Empruntis aussi s’attend à une remontée des taux. Le courtier table sur une hausse moyenne de 20 points de base l’an prochain. De nombreux points susceptibles d’impacter le marché seront à surveiller en 2022 : l’évolution des prix, les volumes de biens disponibles, l’impact du nouveau DPE, et bien sûr l’évolution de la crise sanitaire, de même que les décisions que prendra le futur gouvernement après les élections.