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Angers, une douceur qui attire les Parisiens

Focus sur la capitale de l’Anjou, qui séduit de plus en plus.

immobilier
Crédit : Pixabay

Hormis les grandes stations du littoral Atlantique, aucune ville n’incarne mieux le phénomène de « ruée vers l’ouest » qu’Angers. En seulement cinq ans, les prix moyens des maisons et appartements ont bondi de 56 % dans la capitale de l’Anjou pour atteindre récemment la barre des 3 000 euros par mètre carré, selon Meilleurs Agents. C’est davantage que les progressions observées sur la même période dans pratiquement toutes les villes de France. « Jamais une telle fièvre n’avait gagné l’immobilier angevin », s’étonne Cédric Pinto, directeur de plusieurs agences Espaces Atypiques dans le Maine-et-Loire et les départements voisins. « Dans le centre, on ne trouve plus rien à moins de 4000 euros le mètre carré alors que, un peu avant la crise, les prix évoluaient autour de 3 000 euros. »

Les raisons de cette envolée ? Laurent Bouly, responsable de deux agences Nestenn dans le centre-ville, évoque en premier lieu un rattrapage : « beaucoup d’acquéreurs privilégient désormais Angers par rapport à Nantes. Il est vrai que la Cité des ducs de Bretagne est devenue inabordable, tandis que sa qualité de vie est minée par les embouteillages et qu’elle véhicule une image d’insécurité ». Pour se démarquer de ses rivales des Pays de la Loire ou même du Centre, Angers dispose d’atouts bien identifiés. A commencer par son renouveau urbanistique et surtout économique. De nombreuses entreprises du numérique ont jailli dans le territoire au cours de la dernière décennie, permettant à la ville d’obtenir le label French Tech. Pour le reste, difficile de ne pas mentionner la fameuse « douceur angevine », laquelle va bien au-delà du climat. « De taille moyenne, aérée et riche de nombreux espaces verts, Angers dispose d’une offre culturelle, sportive ainsi que d’infrastructures, hospitalière notamment, dignes d’une très grande ville », résume Laurent Bouly.

Les Parisiens, une part importante de la clientèle

Relié à Paris par le TGV (moins d’une heure 30 de trajet), la commune a logiquement attiré une horde de Parisiens depuis le début de la crise sanitaire. « C’est une part importante de notre clientèle », reconnaît Cédric Pinto. Pour des raisons pratiques, ces acquéreurs lorgnent en priorité les secteurs proches de la gare, comme le quartier Lafayette (au sud du centre-ville) ou celui de la place de la Visitation, non loin du château. Mais le centre historique ou les secteurs de la rive droite de la Maine ont également la cote. Le bien type convoité par ces profils : la maison de ville angevine en pierre, avec jardin à l’arrière. « Pour s’offrir ce type de produit, il faut compter aujourd’hui un budget minimal de 400 000 euros », précise Laurent Bouly. A Angers, il n’est cependant plus rare de voir des transactions s’approcher du million d’euros pour des biens qui sortent de l’ordinaire, et même dépasser ce seuil symbolique. Espaces Atypiques a ainsi vendu, au cours des derniers mois, un loft exceptionnel de 160 mètres carrés, créé dans un ancien atelier d’artiste, dans le quartier Ney, au nord du centre-ville, pour 900 000 euros. Le même réseau a aussi trouvé preneur pour une ancienne chapelle reconvertie en vaste maison de prestige de 450 mètres carrés, avec piscine intérieure, pour 1,4 million d’euros. « Les acquéreurs recherchent plus que jamais des biens qui leur ressemble », analyse Cédric Pinto.

Riche d’universités et de nombreuses écoles, la ville concentre une population de plus de 40 000 étudiants. Une manne de locataires potentiels pour les investisseurs, très présents à Angers, avec des origines diverses, dont bien sûr… des Parisiens. « Pour les petites surfaces, la rentabilité moyenne oscille entre 5 et 7%, selon que l’investissement se situe dans le centre-ville ou dans des quartiers périphériques comme Saint-Serge ou Belle-Beille, tout aussi prisés par les jeunes en raison de la proximité des campus », souligne Laurent Bouly. Depuis quelques années, la ville voit aussi émerger de nombreux projets de colocation, à l’image de cette maison de 5 chambres, située autour de la rue du Lutin et de l’avenue Pasteur, à la lisière du centre, vendue par Nestenn pour un budget de 300 000 euros, travaux compris. « Le propriétaire entend louer chaque chambre 500 euros, ce qui lui permettra de générer un revenu mensuel de 2 000 à 2 500 euros, représentant une rentabilité brute théorique de 8 % à 10 % », indique Laurent Bouly.

Les secteurs à privilégier

Vers quels secteurs de la ville se tourner aujourd’hui, compte tenu de la flambée des prix, pour trouver de l’immobilier abordable et promis à une revalorisation ? Si miser sur le quartier chargé d’histoire de la Doutre (partie ouest du centre-ville), où les maisons à colombages sont nombreuses et tout se fait à pied, est désormais hors de portée de beaucoup de bourses, les professionnels interrogés recommandent le quartier autour de l’avenue Pasteur et de la rue Banchais (nord-est), qui sera bientôt desservi par la deuxième ligne de tramway de la ville, avec des prix au mètre carré qui ne dépasse pas les 3 000 euros. Légèrement plus chers, les périmètres situés autour des rues Boisnet et Thiers, ainsi que de la Place Ney, offrent également des opportunités, compte tenu de leur situation privilégiée, à quelques centaines de mètres du nord du cœur de ville.