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Immobilier : Paris brûle-t-il ?

Prix en baisse, délais de vente en hausse… Le point sur l’immobilier dans la capitale.

Immobilier à Paris
Crédit : iStock.

Impossible de le nier, les indicateurs de l’immobilier parisien continuent de se dégrader. A en croire Century 21, qui parle d’un « réajustement », les prix de l’ancien dans la Ville Lumière ont même chuté de 5,7% depuis le premier janvier, pour revenir à 9 758 euros, un niveau inédit depuis 2019, tandis que les délais de vente n’ont jamais été aussi élevés, à 96 jours, soit 15 jours de plus qu’il y a un an. « Les Parisiens prennent leur temps pour acheter et continuent d’exercer une pression à la baisse sur les prix », souligne Charles Marinakis, président du réseau.

D’autres voix sont moins alarmistes. Par exemple, Meilleurs Agents évoque une baisse limitée à 0,4% depuis le début de l’année et un recul de 0,9% sur douze mois. « Si le marché apparaît moins porteur qu’auparavant avec des délais de transaction moyens nettement plus longs qu’au début de la crise sanitaire, Paris n’est pas encore repassée sous le seuil psychologique des 10 000 euros du m² », tempère Thomas Lefebvre, directeur scientifique de la plateforme d’évaluation des prix.

Ecarts explicables

Comment expliquer de telles différences de chiffres et de perception entre observateurs ? La réponse tient avant tout au périmètre des ventes analysées, et aux caractéristiques de celles-ci. Car les tendances sont radicalement différentes selon les arrondissements et les typologies de biens. Ce qu’exprime très distinctement Mickael Abitbol, fondateur de Morriss Immobilier. « Il y a une vraie dichotomie entre les produits traditionnels, sans espace extérieur ni vue dégagée, situés dans des arrondissements populaires, qui souffrent et, d’autre part, les biens de prestige dans les quartiers huppés, vendus très facilement et sans aucune négociation. »

Principaux animateurs du marché immobilier de luxe parisien : les étrangers. « Profitant d’une parité entre le dollar et l’euro favorables à leurs intérêts, de nombreux Américains (parmi d’autres nationalités) investissent à Paris », rapporte Mickael Abitbol. Ce professionnel n’en demeure pas moins prudent pour la pierre parisienne. « En raison des difficultés à obtenir un crédit et de la hausse des taux qui réduit les capacités budgétaires des acquéreurs, le marché se retourne », indique-t-il. Les vendeurs, plus que jamais, vont devoir faire preuve de patience. Et être prêts, le cas échéant, à négocier.