Se connecter S’abonner

Les prix de l’immobilier à la baisse en Île-de-France

Une accumulation de facteurs a finalement eu raison de la hausse constante des prix de l’immobilier dans la région, mais sans brutalité.

prix de l'immobilier
Crédit : iStock.

Elle était annoncée depuis plusieurs mois, mais encore balbutiante et localisée. La baisse des prix de l’immobilier à Paris est désormais généralisée, et s’étend même au reste de l’Île-de-France. Telle est l’analyse du baromètre de Meilleurs Agents dévoilée par Le Parisien, et confirmée par les autres professionnels du secteur. Dans la capitale, la baisse moyenne atteint 1,3 % sur les trois derniers mois. Elle est de 1,2 % dans les Hauts-de-Seine et en Seine-et-Marne, de 1,1 % dans le Val-d’Oise, de 0,2 % en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, et de 0,1 % dans l’Essonne. Seules les Yvelines voient les prix encore augmenter, de 0,3 %. C’est toutefois nettement moins que sur l’ensemble de l’année, pour laquelle la hausse a atteint 2,2 %. Par ailleurs, elles devraient suivre la même dynamique que les autres départements dans les mois qui viennent.

Une baisse en douceur

Si la baisse est donc bien réelle, elle n’est pas brutale. « Ce n’est pas une correction, pas un décrochage non plus, mais un changement de cycle. On tourne une page », analyse Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents, cité par Le Parisien. « Il y a un ralentissement, c’est sûr, mais on ne peut pas parler de coup de frein brutal. Cela se stabilise, et ce n’est pas plus mal », abonde Éric Allouche, de l’agence Era.

Les causes de cette baisse sont multiples. La hausse significative des taux en 2022 et la contrainte du seuil d’usure, tant critiquée par les établissements de crédit, ont bien sûr joué un rôle. Il est plus difficile d’emprunter. Avec ses tarifs uniques en France, Paris en est logiquement la première victime. À cela s’ajoutent les futures interdictions de location de passoires thermiques qui peuvent décourager l’investissement. L’inflation et la morosité économique aggravent le tout.

Les vendeurs ne dictent plus les prix de l’immobilier

Paris a également perdu de son attractivité avec la crise de la Covid et l’avènement du télétravail, qui ont poussé les ménages à chercher davantage d’espace et de verdure. La périphérie en avait d’abord profité avant d’être rattrapée par la baisse. Tous les départements d’Île-de-France en dehors de Paris, les moins chers en tête, affichent ainsi une tendance nette à la hausse sur l’année. Mais l’accumulation des facteurs en faveur d’une baisse des prix a rebattu les cartes. Le temps semble donc révolu où l’argument de l’emplacement à Paris, associé à une forte demande, pouvait tout emporter. « Les vendeurs ont compris qu’ils n’avaient plus le pouvoir », résume Thomas Lefebvre.