Allègement de la fiscalité relative aux gains générés par le Bitcoin (pour ceux qui en ont)

La fiscalité des gains générés par le Bitcoin et autres cryptomonnaies évolue… dans le bon sens pour le contribuable. Le Conseil d’Etat a estimé que les gains générés par les cryptomonnaies devaient être considérés comme des plus-values de « biens meubles ». Explications.

Le Conseil d'Etat a estimé jeudi que les gains générés par les cryptomonnaies devaient être considérés comme des plus-values de "biens meubles". Crédit photo : Istock

Le Conseil d’Etat a estimé jeudi que les gains générés par les cryptomonnaies devaient être considérés comme des plus-values de « biens meubles », et donc bénéficier sauf exception d’un taux d’imposition moins élevé que celui appliqué par l’administration.

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La plus haute juridiction administrative française avait été saisie en début d’année par plusieurs contribuables, qui entendaient contester le régime fiscal appliqué depuis juillet 2014 à la cession de bitcoins et autres cryptoactifs.
En vertu de ce régime, les gains tirés de la cession de cryptomonnaie sont considérés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) en cas d’activité habituelle, et comme des bénéfices non commerciaux (BNC) en cas d’activité occasionnelle.

La catégorie des plus-values de bien meubles

Cette classification entraîne un taux d’imposition pouvant aller jusqu’à 45%, via l’impôt sur le revenu, pour les contribuables les plus aisés – qui viennent s’ajouter aux 17,2% prélevés via la Contribution sociale généralisée (CSG).
Dans sa décision, que l’AFP a pu consulter, le Conseil d’Etat a partiellement donné raison aux contribuables opposés à cette lecture, en considérant que « la cession de +bitcoins+ » relevait « en principe de la catégorie des plus-values de bien meubles ».

Les « biens meubles », en langage fiscal, désignent les biens pouvant être déplacés, à la différence des biens immobiliers. C’est-à-dire les voitures, avions et bijoux (dans le cas de biens corporels), mais aussi les brevets ou droits d’auteurs (biens incorporels).

Ils sont soumis en cas de cession à un taux forfaitaire de 19%, ce qui, même en y ajoutant la CSG, induit un taux d’imposition sensiblement inférieur à celui réservé aux « BIC » et aux « BNC ».

Dans son communiqué, le Conseil d’Etat souligne néanmoins que « certaines circonstances propres à l’opération de cession » de cryptoactifs « peuvent impliquer qu’ils relèvent de dispositions relatives à d’autres catégories de revenus ».
Les gains générés par les cryptomonnaies sont ainsi susceptibles d’être imposés dans la catégorie des BNC quand ils ne résultent pas « d’une opération de placement mais sont la contrepartie de la participation du contribuable à la création ou au fonctionnement » de la cryptomonnaie.

Ils sont par ailleurs imposables dans la catégorie des BIC lorsque la cession « prend la forme d’un échange contre un autre bien meuble, dans des conditions caractérisant l’exercice d’une profession commerciale ».

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