Impôt sur le revenu: relever les seuils, c’est augmenter les inégalités

L’Institut national des statistiques s’est livré à une simulation. Pour réduire la pauvreté et donner du pouvoir d’achat, augmenter les seuils d’imposition de l’impôt sur le revenu ne sera pas efficace.

Augmenter le RSA et les aides au logement est plus efficace pour réduire les inégalités. Crédit: Istock

Et si les tranches d’imposition de l’impôt sur le revenu étaient augmentées de 5% ? C’est la question que s’est posée l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee).  Actuellement, elles sont fixées à 9 964 euros, 27 519 euros, 73 779 euros et 756 244 euros : si le quotient familial d’une personne est inférieur à 9 964 euros, elle n’est pas imposée. Pour le premier seuil, une augmentation de 5% correspondrait à 498 euros et à fixer le premier plafond à 10 462 euros.

Une facture salée pour l’Etat

Selon l’Insee, citée par BFM, « une progression de 5% des tranches de l’impôt sur le revenu exonérerait un million de ménages mais augmenterait légèrement les inégalités ». Le revenu disponible pour les ménages s’élèverait à 5 milliards d’euros … ce qui correspond au montant que perdraient les caisses de l’Etat. L’Insee a calculé que ça entraînerait aussi une hausse du seuil de pauvreté de 0,4%, puisque le niveau de vie médian augmenterait de 0,4%. Par conséquent, le taux de pauvreté de l’ensemble de la population sera en progression de 0,2%.

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Augmenter les allocations est plus efficace

Autre scénario testé : augmenter les aides au logement et le RSA respectivement de 5%. Un scénario qui aurait des conséquences positives : dans les deux cas, le taux de pauvreté serait en recul de 0,2%. Pour les bénéficiaires du RSA, ce serait environ 27 euros de plus par mois pour une personne seule, ce qui augmenterait leur niveau de vie de 1,2%. Une hausse qui permettrait de rendre éligibles 135 000 nouveaux ménages à cette prestation indique Le Figaro, et qui coûterait 825 millions d’euros.

Concernant les aides au logement, le niveau de vie des bénéficiaires serait en progression de 0,7%, en moyenne. Selon l’Insee, « la hausse serait plus forte dans le bas de l’échelle des niveaux de vie ». Dans ce scénario, 127 000 nouveaux ménages seraient éligibles aux aides au logement, pour un coût estimé à 781 millions d’euros pour les finances publiques.

Le seuil de pauvreté a été fixé à 60% du niveau de vie médian de la population : en 2016, pour une personne seule, ça correspond à 1 026 euros. Près de 8,8 millions de personnes en France vivent en dessous de ce seuil.

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