Investir dans une forêt: un moyen de défiscaliser… mais sous conditions

S’acheter une forêt en vue de bénéficier d’avantages fiscaux doit s’envisager en prenant en compte une stratégie patrimoniale de diversification.

A la revente, les plus-values éventuelles sont exonérées au bout de vingt-deux ans (trente ans pour les cotisations sociales). Crédit: iStock.

Vous pouvez soit acheter des parcelles de forêt en direct, soit souscrire à des placements collectifs, tels que les groupements fonciers forestiers (GFF) ou les sociétés d’épargne forestière (SEF), ou encore détenir un compte d’investissement forestier et d’assurance.

Le capital est-il garanti ?

Non. Le risque est important: votre investissement peut partir en fumée en cas de catastrophe naturelle!

L’argent est-il disponible ?

Oui… si vous trouvez un acheteur. Attention, l’avantage fiscal à l’entrée est accordé à condition de conserver les terrains durant quinze ans, ou durant huit ans pour les GFF et les SEF.

Combien ça rapporte ?

Bien entretenue, votre forêt peut vous rapporter entre 3 et 4% par an. Mais les revenus des coupes sont espacés dans le temps. La valeur de la forêt est fonction du prix du sol, de la densité, de la nature et de la localisation du boisement. Le prix moyen de l’hectare s’est établi à 4.110 euros en 2017 (indicateur 2018 de la Société forestière de la Caisse des Dépôts).

Les avantages du Cifa. Le compte d’investissement forestier et d’assurance (Cifa) est réservé aux propriétaires qui ont souscrit pour tout ou partie de la surface forestière détenue une assurance couvrant le risque de tempête. Le montant des dépôts autorisés est égal à 2 500euros par hectare de forêt. Le propriétaire y dépose le produit des coupes qui sera destiné à financer les travaux forestiers. Les sommes déposées sur ces comptes sont exonérées à concurrence de 75% de droits de mutation à titre gratuit et, s’agissant d’un compte en espèces, ne supportent pas l’IFI.

Quelle est la règle fiscale ?

A l’entrée, la réduction d’impôt sur le revenu, dans la limite de 4 hectares, est égale à 18% de l’investissement et plafonnée à 5.700 euros pour une personne seule ou 11.400 euros pour un couple marié. Des plafonds spécifiques, de 6.250 euros et de 12.500 euros pour les travaux forestiers, et de 2.000 euros ou 4.000 euros pour les rémunérations payées dans le cadre d’un contrat de gestion de bois de moins de 25 hectares, sont prévus.

Pour ces deux dépenses, il s’agit d’un crédit d’impôt. Il existe aussi une réduction d’impôt de 76% des cotisations d’assurance « risque tempête » dans la limite de 6 euros par hectare en 2019. Ces droits à réduction d’impôt se cumulent. Ils sont pris en compte pour le plafond des niches fiscales.

En outre, les bénéfices de la vente des coupes de bois ne sont pas taxés. Mais le propriétaire supporte tous les ans l’impôt sur le revenu sur la valeur cadastrale des bois. Dans les faits, elle est très faible.

A la revente, les plus-values éventuelles sont exonérées au bout de vingt-deux ans (trente ans pour les cotisations sociales). Du côté de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), vous bénéficiez d’un abattement de 75% sur la valeur de la forêt ou d’une exonération totale au titre des biens professionnels. Idem en matière de transmission.

Où acheter ?

Auprès des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) ou à la Société forestière de la Caisse des Dépôts.

Nos conseils 2019

Ce n’est pas le placement de tout le monde. Son intérêt réside dans l’exonération successorale et d’IFI. De plus, pour prétendre à la réduction d’impôt sur le revenu en achetant une forêt en direct, il faut être déjà propriétaire d’un massif et vouloir agrandir son exploitation.

Sur le même thème

défiscalisation placements 2019

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique