Nouveau plan d’épargne retraite (PER): aurez-vous intérêt à vider votre assurance vie pour profiter de la carotte fiscale?

Le PER, le futur plan d’épargne retraite universel, devrait être doté d’un appât fiscal à son lancement. Le tout étant de réaliser les bons calculs pour savoir s’il faut mordre, ou pas, à l’hameçon.

Cette carotte fiscale est toutefois encadrée. Il faudra réaliser l’opération d’ici le 1er janvier 2023 et l’épargnant devra être à plus de cinq ans de son départ en retraite. Crédit: iStock.

Posons le décor. La loi Pacte crée un plan d’épargne retraite (PER) unique qui suivra les actifs tout au long de leur carrière professionnelle. Pour booster son démarrage, les pouvoirs publics ont intégré à son lancement un appât fiscal pour les détenteurs d’assurances vie de plus de huit ans d’âge.

Ces derniers pourront verser dans ce fameux PER tout ou partie de leur assurance vie, grâce à des abattements doublés sur les retraits, soit 9 200 euros pour un célibataire, 18.400 euros pour un couple. En pratique, pour bénéficier de cet abattement supplémentaire, il faudra verser les sommes retirées de votre contrat dans votre PER.

A LIRE >>> Les contours du nouveau Plan d’épargne retraite

Vous profiterez alors de la déduction du revenu imposable, dans la limite de 10% des revenus d’activité de l’année précédente, avec un report des plafonds non utilisés les trois années précédentes, selon la règle fiscale actuelle du plan d’épargne retraite populaire. De quoi faire coup double, à la sortie de votre assurance vie et à l’entrée du produit retraite.

Jusqu’à 50.000 euros sans impôt pour notre couple

Prenons un exemple pour mieux comprendre. Marié (ou pacsé), vous détenez un contrat d’assurance vie de plus de huit ans sur lequel vous n’avez jamais retiré d’argent, qui vaut aujourd’hui 80.000 euros, dont 30.000 euros d’intérêts. Combien pouvez-vous y retirer en franchise d’impôts ?

24.533 euros, équivalant à 9 200 euros d’intérêts et à 15.333 euros de capital (détails du calcul : 9 200 x 80000 / 30000 = 24 533). Comme vous vivez en couple, ce retrait non fiscalisé peut être doublé à condition d’être versé sur un PER. Bilan, notre actif marié (ou pacsé) pourra retirer au total 49.066 euros (24.533 x 2) sans impôt s’il réinvestit au moins la moitié sur un PER.

A LIRE >>> Votre contrat d’assurance vie délivre des performances décevantes ? Voici comment corriger le tir

Imaginons qu’il est taxé dans la tranche marginale à l’impôt sur le revenu à 41%, ce versement dans le PER lui procurera une baisse d’impôt de 10.059 euros (sous réserve de respect des plafonds) sur les 24.533 euros versés. Mais il pourrait librement verser davantage.

Cette carotte fiscale est toutefois encadrée. Il faudra réaliser l’opération d’ici le 1er janvier 2023 et l’épargnant devra être à plus de cinq ans de son départ en retraite. Pour l’heure, tout reste théorique puisque banquiers et assureurs n’ont pas encore déployé leurs offres commerciales de PER, attendues à l’automne 2019 ou au début de 2020 pour la plupart. Ce qui laisse le temps aux foyers fortement fiscalisés de faire leurs comptes pour mordre, ou pas, à l’hameçon.

Sur le même thème

assurance vie Epargne retraite Plan d'épargne retraite

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique