Budget 2020: on sait qui va contribuer à financer les baisses d’impôts promises pour calmer le mouvement des « gilets jaunes »

Pour financer les baisses d’impôts promises, le gouvernement va s’attacher à rogner de-ci de-là certains budgets. Voici lesquels.

Personnes âgées, bénéficiaires des aides au logement ou propriétaires de logement souhaitant réaliser des travaux de rénovation énergétique... seront mis à contribution. Crédit: iStock.

Le gouvernement a eu du mal à trouver les économies suffisantes pour financer les baisses d’impôts et dépenses supplémentaires promises pour calmer le mouvement des « gilets jaunes« . Voici les secteurs et acteurs qui vont y contribuer.

Prestations sociales 

Comme l’an dernier, les allocations familiales, les aides personnalisées au logement et les pensions de retraite supérieures à 2.000 euros ne seront revalorisées que de 0,3%, alors que l’inflation est attendue à 1,2%.

Dans le même temps le gouvernement devrait tirer les fruits de la modification du calcul du montant des aides au logement. Le montant perçu sera désormais déterminé par rapport aux revenus de l’année en cours du bénéficiaire et non des revenus enregistrés deux ans plus tôt. Le gouvernement en attend 1,3 milliard d’euros d’économies en année pleine.

Personnes âgées

Toutes les personnes âgées de plus de 70 ans ne bénéficieront plus automatiquement d’une exonération totale de charges patronales pour l’emploi d’une aide à domicile. Cet avantage sera désormais limité aux personnes en situation de dépendance ou de handicap. Le gouvernement en espère une économie de 310 millions d’euros l’an prochain, et 360 millions les années suivantes, selon Les Echos.

Fonctionnaires 

2.593 suppressions de postes sont prévues l’an prochain dans la fonction publique d’Etat. En proportion de leurs effectifs, les ministères de la Santé (-2,2%, 396 postes) et de la Transition écologique et solidaire (-1,8%, 1.769 postes) seront les plus concernés. Ces coupes devraient rapporter de 75 à 100 millions d’euros, selon une note confidentielle citée par Le Parisien.

Après 1.600 postes supprimés en 2018, et 4.100 cette année, l’objectif initial de 50.000 postes en moins dans la fonction publique d’Etat durant le quinquennat ne sera pas tenu. Désormais, le gouvernement évoque plutôt le chiffre de 15.000. 

Audiovisuel public 

L’audiovisuel public est encore prié de se serrer la ceinture, avec un budget en baisse de 70 millions d’euros. Au total, le gouvernement table sur quelque 190 millions d’euros d’économies d’ici à 2022. Cela passera notamment par la suppression de la chaîne France Ô de la TNT.

Bâtiment/logement 

Outre la suppression de la niche fiscale sur le gazole non routier, le gouvernement prévoit également de durcir l’accès aux aides à la rénovation énergétique. Le crédit d’impôt (CITE) va être transformé en prime mais il devrait être recentré sur les ménages modestes.

Par ailleurs, l’organisme Action Logement, l’ex-1% Logement, devrait se voir ponctionner de 500 millions d’euros l’an prochain, selon des informations de presse. Ce prélèvement s’ajoute aux 300 millions d’euros par an que devra verser Action Logement pour compenser la baisse des économies demandées par l’Etat aux organismes HLM.

Homéopathie

La mesure est cosmétique pour les finances publiques (quelques dizaines de millions d’euros), mais le sujet est sensible pour des millions de Français. Les traitements homéopathiques seront désormais remboursés à hauteur de 15% contre 30% au 1er janvier, avant un déremboursement total en 2021.

Niches fiscales des entreprises 

L’Etat a prévu d’aller chercher 615 millions d’euros dans la poche des entreprises via la suppression ou la révision de certaines niches fiscales. L’exonération partielle de taxe sur le gazole non routier sera supprimée progressivement sur trois ans, avec un premier pas en juillet 2020, pour le secteur du BTP et de la construction. En revanche, l’agriculture et le transport ferroviaire ne seront pas concernés. Cela devrait rapporter « un peu plus de 200 millions d’euros dès 2020 », a affirmé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. 

La déduction forfaitaire spécifique, qui consiste en un abattement de charges patronales dans certains secteurs comme le BTP, l’aviation ou le nettoyage, sera elle réduite de 400 millions d’euros. Le budget 2020 va aussi acter des rabots sur le crédit d’impôt recherche et les incitations au mécénat, mais leur mise en application attendra 2021.

Impôt sur les sociétés 

L’exécutif a fait de la baisse des charges pour les entreprises l’axe de la première partie du quinquennat. L’impôt sur les sociétés devait ainsi être progressivement réduit pour atteindre 25% en 2022 pour toutes les entreprises, avec une première étape à 28% l’an prochain. Finalement, les grandes entreprises devront patienter: l’an prochain il passera seulement de 33,3% à 31% pour celles dont le chiffre d’affaires est supérieur à 250 millions d’euros. De quoi rapporter 700 millions.

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