Se connecter S’abonner

PTZ, loi Pinel… Le gouvernement miserait sur la stabilité fiscale pendant deux ans

Le rapporteur général de la commission des finances, Laurent Saint-Martin, plaide pour maintenir les dispositifs fiscaux actuellement en vigueur dans le budget 2021, qui doit être présenté le 28 septembre prochain en Conseil des ministres.

Le PTZ, la loi Pinel, la réduction Madelin… ces dispositifs devraient ne pas bouger dans les deux prochaines années. Le rapporteur général de la commission des finances, Laurent Saint-Martin, plaide pour la stabilité fiscale dans une interview exclusive accordée à MoneyVox, le 22 septembre. Le budget 2021 sera présenté le 28 septembre en Conseil des ministres et selon le rapporteur général, « la question est de savoir si une période de crise et de relance est le meilleur moment pour bousculer la mécanique fiscale. Pour moi, la réponse est non, sauf sur les niches totalement inopérantes », précise Laurent Saint-Martin. Le député de la majorité présidentielle entend ainsi poursuivre le travail de son prédécesseur, Joël Giraud, qui avait initié un tri des niches fiscales, identifiant 58 « trous noirs » sans statistiques, rapporte le site spécialisé.

En effet, en 2021, le prêt à taux zéro (PTZ) ne devrait pas changer, ainsi que le dispositif Pinel, qui permet de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu en cas d’investissement locatif, sous certaines conditions. « L’ambition de revoir les dispositifs PTZ et Pinel tel que cela avait déjà été esquissé par le gouvernement demeure. Mais n’allons pas bouleverser le système fiscal à un moment où l’on a besoin de redresser le pays. Je suis partisan de la stabilité fiscale au moins le temps de la sortie de crise, et cela prend bien 2 ans », précise Laurent Saint-Martin à MoneyVox.

Inciter les classes moyennes à consommer

Concernant les finances des particuliers, le rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée nationale souhaite « faire désépargner les Français à travers la consommation et peut-être un peu d’investissement », entre autre, alors « qu’une partie de la population s’est paupérisée lors de la crise », et que « certains risquent de perdre leur emploi ». L’enjeu du gouvernement est d’accompagner les précaires, d’inciter les classes moyennes à investir et à consommer et à former « vite et bien ceux qui risquent de perdre leur emploi ». L’encouragement à consommer passe par des dispositifs fiscaux comme MaPrimeRénov’ et la prime à la conversion automobile, selon Laurent Saint-Martin.

A LIRE >>> Budget 2021 : le gouvernement envisage la suppression de 150 millions d’euros de petites taxes

Concernant la « sur-épargne », il en appelle « aux banques, assureurs et gestionnaires de fonds : toute la place financière doit être davantage proactive dans la proposition de produits risqués. Entre le PEA, les unités de compte de l’assurance vie, avec l’IR-PME et avec la flat tax, la fiscalité française est pourtant bonne pour inciter à l’investissement ! » estime encore le député. Cependant, il tempère ses propos : si pour lui, « les comptes courants sont trop pleins », « il faut qu’il y ait un conseil » pour aider les Français « à allouer leur épargne ». De plus, à propos d’une éventuelle nouvelle aide pour les Français les plus précaires et touchés particulièrement par la crise économique liée à la crise sanitaire, le rapporteur général dit préférer d’abord une analyse « de qui a souffert aux 2e et 3e trimestres 2020 » avant de décider de la forme de cette aide.