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La redevance pour tous, même pour ceux qui n’ont pas de télé ?

Des députés ont déposé un amendement en faveur de l’instauration d’une redevance audiovisuelle pour tous les foyers. Même pour les entreprises.

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Une quarantaine de parlementaires relancent le débat sur la redevance audiovisuelle. Ils ont déposé un amendement pour la réformer : il s’agirait de créer une redevance pour tous les foyers, qu’ils aient un poste de télévision ou non, afin d’assurer à l’audiovisuel public le bénéfice d’un financement pérenne et dédié, rapporte le journal Les Echos. L’amendement est notamment porté par le président de la Commission des affaires culturelles, Bruno Studer, ou encore la députée du sud-Yvelines Aurore Bergé, ex porte-parole LREM. « On considère que les Français écoutent la radio, regardent la télévision sur smartphone etc. », explique Bruno Studer au quotidien. Et ce, « sans compter que France Télévisions, notamment, contribue très largement à la création française et les différents groupes au rayonnement de la France ».

Dans cet amendement, les députés prévoient que la contribution à l’audiovisuel public (CAP) soit fixée à cent euros (elle est actuellement à 138 euros) avec un prélèvement à la source. Le dispositif serait étendu aux entreprises en fonction de leur chiffre d’affaires et du nombre de salariés. Le montant collecté serait d’environ trois milliards d’euros, soit l’équivalent environ de celui déjà collecté. « Il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe, mais de poursuivre la déflation fiscale », précisent encore les auteurs de l’amendement.

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Roselyne Bachelot ne s’est pas prononcée sur la question

Cependant, cette proposition pourrait ne pas voir le jour, ou du moins pas tout de suite, selon Les Echos. En effet, le gouvernement a martelé qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts, alors que le pays est en pleine crise sanitaire même si fin septembre, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a reconnu « la nécessaire évolution » du support de la redevance, « soit sa budgétisation ». La suppression définitive de la taxe d’habitation étant prévue en 2023, « il y a de grandes chances pour que la CAP, trop sensible, ne soit pas traitée avant l’élection présidentielle », avance une source citée par le quotidien économique.