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La France moins inégalitaire que la moyenne européenne, mais les impôts y sont plus importants

Selon France Stratégie, les inégalités se révèlent en France « relativement moins élevées » que la moyenne des pays européens.

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Crédit : iStock.

France Stratégie a analysé les inégalités de revenu dans 30 pays européens*. Le rapport de l’institution rattachée à Matignon, publié mercredi, compare les inégalités primaires. C’est-à-dire celles qui interviennent avant la redistribution à travers les prestations sociales et les impôts, mais aussi l’effet de la politique de redistribution sur ces inégalités. Résultat : « les inégalités primaires sont relativement plus faibles en France », et la redistribution s’avère « efficace pour réduire les inégalités ». Pour mesurer les inégalités, France Stratégie a utilisé le coefficient de Gini. L’indicateur va de 0 à 1 pour une égalité parfaite, en comparant les revenus des 10% les plus riches aux revenus des 10% les plus pauvres. En France, les inégalités primaires sont inférieures de 2% à la médiane européenne.

Moins d’inégalités de revenus du patrimoine

Ces moindres inégalités de revenus primaires s’expliquent par une assez faible inactivité de la population en âge de travailler. Par ailleurs, la France fait partie des pays européens où les inégalités de revenus du patrimoine sont les moins marquées. L’indice de Gini de ces revenus y est inférieur de 7,6% à la moyenne européenne.

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D’un autre côté, le volume des impôts et des cotisations sociales est plus important en France que dans les autres pays analysés. En effet, leur part dans les revenus primaires des ménages est de 37% contre 34% pour la moyenne européenne. Les impôts et les prestations sociales, s’ils sont plus importants qu’ailleurs, permettent bel et bien de réduire les inégalités. Cette redistribution baisse les inégalités de près de 25%. « L’Hexagone se caractérise donc par un impact de la redistribution supérieur de près de 10 % à la médiane européenne », détaille l’étude.

« Un choix délibéré d’assez forte redistribution »

France Stratégie en conclut que l’importance et le volume des mécanismes de redistribution à l’œuvre dans notre pays ne sont pas le résultat de « l’inefficience d’un système qui viserait à compenser de fortes inégalités primaires plutôt que de les traiter à la racine ». En d’autres termes, l’institution affirme que le fort niveau d’impôts et de prestations sociales est « un choix délibéré d’assez forte redistribution ». Cependant, le rapport pointe des marges de manœuvre pour « améliorer l’efficacité de notre système redistributif », notamment un ciblage plus poussé de certains impôts et prestations.

*sans l’Allemagne, par manque de données.