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Impôts : Bruno Le Maire exclut de rembourser la dette en prolongeant encore la CRDS

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance a présenté une feuille de route pour rétablir les comptes publics lundi 22 mars, lors d’un débat à l’Assemblée nationale. Il a exclu d’affecter la CRDS au remboursement de la dette Covid.

Coronavirus
Crédit : NICOLAS MESSYASZ/SIPA/1903201500

Isoler la dette Covid de 140 milliards d’euros, la rembourser grâce à une partie des recettes issues de la croissance et non grâce à une taxe, comme la CRDS. C’est le message délivré par Bruno Le Maire lors d’un débat à l’Assemblée nationale, lundi 22 mars. Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance a affirmé qu’il excluait de recourir à une nouvelle prolongation de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), selon Les Échos. Sa fin a déjà été repoussée à 2033 pour le financement de la dette sociale, avec la pérennisation de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Bruno Le Maire a affirmé au quotidien ne pas vouloir « d’un impôt nouveau, ni CRDS, ni part de TVA dédiée ». Pourtant, l’idée de rembourser après 2033 une partie de la dette Covid en la logeant dans la Cades avait été évoquée par le ministre l’été dernier, selon Le Monde, et dénoncée par l’opposition comme une hausse d’impôts déguisée.

Toutefois, le ministre de l’Économie souhaite affecter les recettes liées au retour de la croissance au remboursement de cette dette Covid. « Si demain (…) les entreprises renouent avec la croissance, ont une croissance supplémentaire, et donc que les recettes de l’impôt sur les sociétés augmentent, est-ce qu’il ne serait pas efficace, est-ce qu’il ne serait pas juste, de consacrer une part de l’augmentation de cet impôt sur les sociétés (…) au remboursement de la dette Covid ? », a déclaré Bruno Le Maire lors du débat sur la dette à l’Assemblée nationale. Pour justifier cette idée, il a évoqué les aides aux entreprises pour résister à la crise économique, comme le fonds de solidarité, le prêt garanti par l’État ou encore le chômage partiel.

Relancer le processus des réformes

Un retour de cette aide pour rembourser la dette Covid devrait donc être étudié selon le ministre de l’Économie. « Il faut éviter de refaire la même erreur qu’en 2009 après la grande crise financière, quand nous avions entamé l’assainissement des finances publiques alors même que cette dernière n’était pas terminée. Il faut être prêt néanmoins et avoir défini au préalable une stratégie. C’est ce que nous faisons », explique Bruno Le Maire aux Échos. Par ailleurs, le ministre évoque la nécessité de relancer le processus des réformes, notamment celle des retraites.