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Qui a le plus profité de la baisse des impôts ?

À la veille de la présentation du projet de loi de finances 2022 en Conseil des ministres, durant lequel seront entérinées les dernières orientations budgétaires du quinquennat, l’heure de la rétrospective sur la question des impôts est arrivée, rapporte Le Parisien.

impôts

Excellente nouvelle pour le portefeuille des Français. Premier constat : les ménages subissent moins de pression depuis 2017. Cette diminution s’explique grâce à deux mesures importantes : la suppression de la taxe d’habitation et la baisse du barème de l’impôt sur le revenu. De cette manière, au regard des chiffres de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), l’économie totale réalisée par les Français depuis le début du quinquennat grâce à la suppression de la taxe d’habitation s’élève, selon une estimation, à 39,4 milliards d’euros (pour près de 30 millions de foyers). Pour rappel, entre 2018 et 2020, 80% des Français les plus modestes ont vu disparaître leur taxe d’habitation en trois étapes. En 2021, c’était aux 20% des plus aisés d’en bénéficier, par pallier : dégrèvement de 30% en 2021, porté à 65%, en 2022, avant une exonération complète en 2023, énumère Le Parisien.

De son côté, la baisse du barème de l’impôt sur le revenu aura été plus discrète. Pourtant, d’ici la fin du mandat d’Emmanuel Macron, elle aura provoqué le non-prélèvement de 13,1 milliards d’euros (pour 18,2 millions de foyers). En 2020, après la crise des Gilets jaunes, elle était entrée en vigueur et prévoyait la diminution du taux de la deuxième tranche du barème progressif. Une baisse de 14% à 11% qui proposait un mécanisme de neutralisation pour les plus aisés. De plus, une décote d’impôt autorisée pour les foyers faiblement imposés a été étendue à davantage de contribuables. Si l’on résume, ce sont dont au total 52 milliards d’euros qui n’ont pas quitté le portefeuille des Français. Le tout, sans compter la transformation de l’impôt sur la fortune en Impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la « flat tax » qui réduit l’imposition des revenus financiers.

Des baisses qui impactent les caisses de l’État

Si ces baisses d’impôts profitent aux ménages, elles ont cependant une répercussion plutôt négative sur les caisses de l’État. La suppression de la taxe d’habitation a par exemple coûté 10,3 milliards d’euros en 2020. À compter de 2023, le manque à gagner s’élèvera à 18,5 milliards, chaque année. Pour Brice Fabre, le directeur du programme Fiscalité des ménages à l’Institut des politiques publiques (IPP) : « La suppression d’un impôt implique forcément soit d’en créer ou d’en augmenter un autre, soit de baisser les dépenses publiques, soit d’augmenter le déficit ». Et de poursuivre, toujours dans les colonnes du Parisien : « Le choix relatif au financement de la suppression de la taxe d’habitation n’est pas clair ». Mais à quelques mois de la présidentielle, le pouvoir d’achat des Français étant au coeur des débats, les économies réalisées par chaque foyers devraient davantage être mise en avant par l’exécutif que les factures à venir.