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Impôts : qui sont les gagnants et les perdants des réformes Macron ?

La fin du quinquennat approche et l’heure des comptes a sonné. En termes d’impôts, les promesses de baisse faites par le candidat Macron en 2017 ont-elles été tenues ? Tous les contribuables en ont-ils profité ? Les réformes ont-elles fait des perdants ? Éléments de réponse.

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Crédit : iStock.

Redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne et encourager l’investissement productif ! Tel était l’ambition d’Emmanuel Macron, élu Président de la République le 14 mai 2017. Pour y parvenir, son programme en matière d’impôts prévoyait notamment de supprimer la taxe d’habitation sur les résidences principales pour quatre Français sur cinq. Mais aussi d’instaurer un prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus de l’épargne, et de transformer l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Mises en œuvre à partir de 2018, ces réformes ont été suivies d’autres mesures par la suite, prises pour répondre aux revendications des « gilets jaunes ». En 2019, le dispositif des heures supplémentaires défiscalisées a été rétabli et une prime de pouvoir d’achat exonérée d’impôt créée au profit des salariés gagnant jusqu’à 3 Smic. En 2020, une baisse d’impôt sur le revenu a été accordée à 18 millions de foyers, grâce à l’allègement du barème fiscal et à l’extension de la décote d’impôt.

25 milliards de baisses d’impôts

Selon la Direction générale des finances publiques (DGFIP), ce « chamboule-tout » fiscal aura permis de réduire les impôts des particuliers de 25 milliards d’euros sur le quinquennat. Le taux des prélèvements obligatoires devrait s’établir à 43,5 % du PIB (produit intérieur brut) en 2022, alors qu’il était de 45,1 % en 2017. Cela dit, tous les contribuables n’ont pas vu leurs contributions fondre dans les mêmes proportions. Certains ont davantage profité des largesses de Bercy alors que d’autres n’en ont pas profité du tout.

Les grands gagnants du quinquennat

Les ménages les plus aisés, disposant d’un patrimoine important investi majoritairement dans des actifs financiers, sont les grands gagnants des dernières réformes fiscales. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) a permis de réduire de moitié le taux d’imposition de leurs dividendes et de leurs plus-values. Et la disparition de l’ISF au profit de l’IFI de baisser drastiquement, voire d’effacer totalement, l’impôt sur leur patrimoine.

Par exemple, un couple avec deux enfants déclarant 75 000 € de salaires, 15 000 € de revenus fonciers, 10 000 € de dividendes, et un patrimoine de 2,5 millions dont 1 million d’actifs financiers a payé 13 079 € d’impôts en 2021 alors qu’il en payait 21 803 € en 2017. Soit une baisse de 40 % en cinq ans ! Cerise sur le gâteau, ce couple sera aussi exonéré de taxe d’habitation à partir de 2023, le Conseil constitutionnel ayant exigé que la mesure profite à tous et pas seulement à 80 % des Français.

Les gagnants du quinquennat

Les ménages aux revenus modestes et ceux de la classe moyenne ont également vu leur charge fiscale diminuer depuis quatre ans. La suppression de la taxe d’habitation (partielle en 2018 et 2019 et totale depuis 2020) procure un gain moyen de 590 € par an, et l’allégement de l’impôt sur le revenu (applicable depuis l’année dernière) un gain moyen de 300 € à 500 € par an.

Les salariés bénéficient en outre d’un salaire net en hausse de 1,8 % depuis 2018, car leurs cotisations sociales ont baissé dans des proportions supérieures à la hausse de CSG votée en début de mandat. Pour les fonctionnaires et les indépendants, en revanche, les mesures de compensation de la hausse de CSG ont eu un effet neutre sur leur niveau de vie, sauf pour les plus modestes. Quant aux retraités, ceux qui ont subi la hausse de CSG (revenu fiscal supérieur à 23 147 € pour un célibataire et à 33 505 € pour un couple) n’ont bénéficié d’aucune compensation : les 1,7 % de CSG en plus ont donc rogné leurs baisses de taxe d’habitation et d’impôt sur le revenu.

Les perdants du quinquennat

Taxer davantage la rente immobilière était une autre promesse d’Emmanuel Macron. Résultat, les propriétaires ayant des revenus élevés et un patrimoine constitué essentiellement d’immobilier sont les grands oubliés du quinquennat. Leurs loyers supportent 1,7 % de CSG en plus depuis 2018, et le montant de leur IFI est équivalent à l’ISF qu’il payait jusqu’en 2017. Rappelons également que la taxe foncière payée par les propriétaires a progressé de 5 % en moyenne depuis 2017. Autres perdants, les épargnants non imposables supportent aussi 1,7 % de CSG en plus sur les intérêts produits par leurs livrets bancaires fiscalisés et les fonds en euros de leurs assurances vie. Maigre consolation, la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale compense (ou compensera) tout ou partie de ces hausses d’impôts !